Samyang 500 mm f:6.3 catadioptrique

, par Petit Bugle

Voici un objectif atypique, et même un peu anecdotique. Il procure une (très) longue focale pour un prix modeste mais il est entièrement manuel, ce qui rend son utilisation assez délicate.

C’est un objectif à miroir parabolique, un mini-télescope en quelque sorte. Cette particularité le rend très léger, relativement peu encombrant (en fait il est plutôt gros et court) mais un peu plus fragile qu’un objectif à lentilles.

Avantages

  • Qualités optiques correctes.
  • Qualité de fabrication correcte.
  • Mise au point fine (bague à longue course).
  • Léger et peu encombrant.
  • Bon marché.

Inconvénients

  • Pas de stabilisation.
  • Pas d’autofocus.
  • Bokeh en couronne.
  • Ouverture fixe (pas de diaphragme).
  • Craint les chocs (miroir).
  • La monture T2 nécessite une bague d’adaptation.
  • Non tropicalisé.

Comment et pourquoi je l’ai choisi

En me documentant sur Internet, j’ai trouvé plusieurs articles qui parlaient (en bien) de ce genre d’objectif, tout en mettant en garde sur les difficultés liées à sa mise en œuvre. Et puis une longue focale de bonne qualité optique à moins de 200 euros c’est tentant, non ? Je me suis donc décidé, d’abord par curiosité : j’avais envie à la fois d’expérimenter un tel objectif et de me rendre compte de l’effet d’une focale aussi importante (sur mon APS-C, l’angle de vue équivaut à un 800 mm en 24×36). Je me suis dit aussi qu’une longue focale pouvait m’être utile même si ça ne concernait qu’une petite partie de mes prises de vues, et qu’à ce prix-là je n’aurais pas beaucoup de regrets…

On trouve généralement sur le marché, dans cette gamme d’objectifs, les focales 500 mm et 800 mm, en ouverture f:8 et éventuellement f:6.3. J’ai opté pour 500 mm avec la plus grande ouverture disponible, 800 mm me paraissant excessif pour mon boîtier APS-C.

Usage et appréciations

Il ne faut pas se leurrer : un 500 mm non stabilisé, ça n’est pas une focale facile et sur un APS-C cela donne un angle de vision équivalent à celui d’un 800 mm en 24×36. En bref : ça grossit fort ! Premier constat : même avec l’appareil fixé sur un pied stable, il suffit d’effleurer la bague de mise au point pour que l’image bouge. Que dire à main levée ! Il ne faut pas hésiter à fixer une vitesse élevée, quitte à pousser les ISO (tout ça en manuel, bien sûr).

Comme il n’y a aucune communication électronique avec l’appareil, on ne peut pas compter sur les collimateurs pour détecter la mise au point (inconvénient des réflex Canon). Le viseur lui-même n’est pas d’une grande aide, faute de stigmomètre. Le seul moyen d’obtenir une focalisation précise est de travailler sur l’écran (LiveView) en utilisant la fonction loupe, ce qui accentue encore le bougé. Autant dire qu’on ne travaille pas dans la facilité…

Inutile de préciser que mes premiers essais furent décevants. J’ai profité d’un ciel nocturne bien dégagé pour prendre des photos de la lune. Le résultat n’était franchement pas à la hauteur de ce que j’espérais : j’obtenais un meilleur piqué avec mon 75-300 à 300 mm. J’ai pris ensuite d’autres vues, de jour, à main levée mais à haute vitesse (au moins 1/640 s) et sur une plage de distance plus étendue (les hortensias du jardin d’un voisin). Les photos obtenues étaient bien meilleures (voir ci-dessous), la grande plage de distances compensant la mise au point approximative.

J’ai pu aussi obtenir un résultat intéressant en photographiant au loin un objet rond dans un arbre pour tenter de l’identifier. J’ai bien sûr mis l’appareil sur pied et travaillé avec la loupe de l’écran. Même ainsi, il m’a fallu prendre plusieurs vues successives en retouchant chaque fois la mise au point d’un quart de poil pour obtenir une vue suffisamment nette. L’objet en question s’est clairement révélé être un nid de frelons asiatiques et l’on peut en distinguer les détails (voir les photos ci-dessous).

Il faut du temps pour apprivoiser ce gros caillou et je suis encore loin d’y avoir réussi. J’ai peut-être eu tort de ne pas le prendre plus souvent dans mon sac pour me faire la main avec, mais il est vrai que son usage est réservé à des situations bien spécifiques.

Exemples de photos prises avec cet objectif

Massif d’hortensias.

Ce massif se trouve à une quarantaine de mètres de la fenêtre où je me trouvais. La première photo (f:6.3, 1/640, ISO 1250) reproduit la totalité de l’image perçue par le capteur. La taille est bien sûr réduite pour tenir sur cette page.

La seconde photo est un extrait au rapport 1:1 (ou crop 100 %) qui montre la netteté de l’image obtenue. Celle-ci n’est pas homogène car il y avait alors beaucoup de vent qui faisait bouger la végétation, il aurait sans doute fallu une vitesse plus élevée.

La troisième photo est un plan d’ensemble pris au 50 mm (f:5.6, 1/100, ISO 200), qui montre bien l’intérêt du 500 mm pour se rapprocher d’un sujet lointain. Rappelons que sur APS-C, un 50 mm est déjà un petit télé-objectif…

La chemise du voisin

Le voisin étant venu tailler ses hortensias, j’ai profité de sa présence pour jouer les paparazzi. Par respect pour sa vie privée, je ne publierai que l’extrait suivant, au rapport 1:1 (1/1600, ISO 1600). On constate ici la difficulté de mise au point à la volée : c’est la chemise qui est nette et pas le visage. On voit aussi que l’on peut arriver à un piqué correct permettant de bien distinguer les motifs et les plis de la chemise. Je rappelle que mon appareil est un APS-C de 20,8 Mpixels, donc exigeant sur la définition des images.

Nid de frelons

En novembre 2016, la chute des feuilles mortes a fait apparaître une sorte de grosse boule au sommet d’un arbre, à une cinquantaine de mètres de chez moi. Intrigué, j’ai sorti mon 500 mm et mon trépied après avoir attendu que le soleil tourne pour avoir un éclairage de côté (à contre-jour, je n’aurais pas vu grand chose). J’ai pris plusieurs vues, en retouchant chaque fois légèrement la mise au point. La dernière a été la bonne, vous avez ici le résultat en plein cadre (1/1250, ISO 1600).

C’est au rapport 1:2 qu’on apprécie le mieux les détails de la photo (à 1:1, le manque de contraste du sujet ne permet pas d’apprécier la netteté). On identifie ici nettement un nid de frelons asiatiques. Il est construit en plusieurs couches successives de « papier mâché » dont on distingue nettement les festons.

Cette troisième photo a été prise au 36 mm, focale standard pour mon appareil (f:5.6, 1/200, ISO 200). Le nid se trouve presque au sommet de l’arbre central. L’utilité de la longue focale apparaît nettement.

Quelques données techniques

 Poids : 705 g
 Dimensions : L 119,5 mm Ø 98 mm (sans pare-soleil)
 Diamètre de filtre (arrière) : 34 mm
 Distance minimale de mise au point : 2 m
 Angle de champ (24×36) : H 4,1º, V 2,7º, D 5º
 Angle de champ (APS-C) : H 2,6º, V 1,7º, D 3,1º
 Grandissement maxi : 1:2,7
 Construction : 7 éléments en 6 groupes

Liens (descriptifs et tests)

Le test de Virus Photo qui m’a décidé à acheter cet objectif.

Le test de Menilmonde qui a lui aussi participé à ma décision.

En farfouillant sur Internet, on pourra trouver d’autres tests comme celui de Hobography. On trouve aussi sur les forums plusieurs fils de discussions au sujet des objectifs catadioptriques, avec parfois des retours d’expériences détaillés comme cette discussion sur jeuxvideo.com.