Déclenchement à distance

, par Petit Bugle

Bien avant que le mot strobisme soit inventé, les photographes spéléologues emportaient avec eux divers flashs portatifs pour suppléer au manque de lumière lors de leurs prises de vues souterraines. Dans les premiers temps, ils pratiquaient en open flash, puis sont venus les cordons de synchronisation, les cellules optiques, et dernièrement les transmetteurs radio. Ces techniques de synchronisation, notamment sans fil, ont ouvert la possibilité de composer des éclairages sophistiqués avec juste quelques équipements portatifs. Et ces avantages ne sont pas réservés aux visiteurs des mondes souterrains…

Petit tour d’horizon de tous ces procédés de prise de vue, qui ont comme point commun de réaliser leur éclairage au moyen de flashs distants de l’appareil.

Pour chaque méthode de base, vous trouverez listés ici les avantages et inconvénients qu’elle présente. En ce qui concerne les inconvénients, on notera qu’ils se répartissent en deux catégories :

  • ceux de nature opérationnelle, par exemple utiliser des accus, tirer des câbles, avoir besoin d’assistants… Ces inconvénients se retrouveront à chaque prise de vue ;
  • ceux liés à la nécessité d’acquérir certains équipements ou d’assimiler des connaissances techniques. Les inconvénients de ce type disparaîtront d’eux-mêmes une fois que cet « investissement » aura été fait.

L’open flash

Avantages

  • Nécessite très peu de matériel : l’appareil, un trépied (ou autre support) et le ou les flashs à déclencher.
  • Un même flash peut tirer plusieurs fois, pour compenser le manque de puissance ou éclairer selon plusieurs angles.

Inconvénients

  • Il faut être dans l’obscurité, ou une pénombre poussée (surtout si la durée d’exposition est longue).
  • Il faut de la main d’œuvre : pratiquement un assistant par flash.
  • On ne peut pratiquer qu’en mode manuel, ce qui oblige à pré-calculer l’exposition en fonction des distances flash-sujet.
  • Si plusieurs éclairs, la scène doit rester immobile.

C’est le procédé le plus rudimentaire pour prendre des photos avec un ou plusieurs flashs distants de l’appareil. De toutes les méthodes décrites ici, c’est la seule qui ne nécessite aucun matériel de synchronisation, mais en contrepartie il faut disposer d’assistants… ou savoir se déplacer dans l’obscurité.

Le principe est simple : on fixe l’appareil sur un trépied ou sur un support quelconque, on ouvre l’obturateur de l’appareil pendant une durée suffisamment longue (plusieurs secondes) et pendant cette durée on éclaire la scène avec un ou plusieurs coups de flashs judicieusement orientés. Il est bien sûr nécessaire de se trouver dans l’obscurité, ou au moins dans un environnement très sombre, pour que l’éclairage ambiant ne perturbe pas la prise de vue malgré la longue durée d’exposition. Tous les éclairages utilisés pour préparer la prise de vue (lampes frontales, par exemple) doivent impérativement être éteints avant d’ouvrir l’obturateur.

En général, il est plus simple de travailler à plusieurs : une personne à l’appareil photo et une à chaque flash. Ce qu’on gagne en matériel, on le perd en main d’œuvre… Celui qui gère l’appareil s’occupe du cadrage, de la mise au point et des réglages de vitesse et diaphragme. Il dirige les assistants qui doivent positionner et orienter les flashs en fonction du résultat voulu. Quand tout est prêt, on éteint les lampes. Le photographe déclenche l’appareil et donne le « top » aux assistants. Ceux-ci déclenchent alors leurs flashs (plusieurs fois si nécessaire). Le photographe attend ensuite que l’obturateur soit refermé pour prévenir tout le monde qu’on peut rallumer les lampes. Il est d’ailleurs possible aux assistants de s’éclairer pour se déplacer entre deux coups de flash si l’opérateur principal peut pendant ce temps masquer l’objectif avec un cache sombre.

Ce principe de base peut se moduler de plusieurs façons, en fonction du contexte. On peut en particulier, si la durée d’exposition est suffisamment longue, tirer plusieurs éclairs avec un même flash. Cela permet, avec peu de matériel, de disposer d’une plus grande puissance déclairage cumulée, ou d’éclairer une zone plus étendue en faisant pivoter le flash.

À l’extrême, il est possible de procéder seul si l’éclairage n’est pas trop complexe ni les distances trop longues : on utilise le retardateur de l’appareil pour pouvoir se déplacer jusqu’à la position du flash avant d’éteindre sa lumière. C’est cependant peu confortable et sujet à beaucoup de tâtonnements (et d’aller-retours).

Enfin, notons que si vous ne tirez qu’un éclair de flash et si vous disposez d’un assistant, le trépied est facultatif : l’un tient l’appareil et l’autre le flash. Comme la seule source d’éclairage est un éclair unique, il n’y a pas de risque de bougé. Par contre, le cadrage risque d’être un peu délicat…

La synchronisation filaire

Avantages

  • Simplicité et universalité. Pas besoin de matériel techniquement complexe.
  • Pas besoin que l’appareil soit « vu » par les flashs, ceux-ci peuvent être masqués.
  • Pas besoin de source d’énergie supplémentaire.

Inconvénients

  • Dispositif encombrant (câbles) et fiabilité mécanique moyenne (si prises synchro PC).
  • Difficilement applicable avec des flashs hétéroclites, à cause des différences de tensions possibles.
  • Peu pratique dans le cas de grandes distances (plus de 3 m).
  • Si l’on veut travailler en automatique, il faut des cordons coûteux (et limités en longueur).

Là aussi le principe est simple : chaque flash est relié à l’appareil par un câble électrique qui véhicule le signal de synchro. Au moment où l’obturateur atteint sa pleine ouverture, l’appareil court-circuite la ligne électrique, ce qui déclenche l’éclair des flashs. Tout se passe en fait comme si les flashs étaient directement connectés sur l’appareil.

Traditionnellement, depuis le milieu du XXe siècle, les appareils photo et les flashs sont équipés de prises synchro PC sur lesquelles viennent se connecter les cordons de synchronisation. Si l’on doit raccorder plusieurs flashs, on utilise des tés de répartition. Attention dans ce cas, les flashs sont connectés en parallèle. Il est donc impératif d’utiliser des flashs d’un même modèle ou du moins de la même gamme pour qu’ils présentent tous la même tension de déclenchement sous peine de perturbations, voire de destruction…

Le principal inconvénient de ce système est bien sûr le « fil-à-la-patte » imposé à chaque flash. Non seulement le câble limite la distance à laquelle on peut éloigner le flash, mais en plus on risque de se prendre les pieds dedans… Par ailleurs, le connecteur PC n’offre pas une grande fiabilité mécanique : il n’est pas rare qu’il se débranche tout seul, pour peu que l’on ait un tantinet bougé le câble. En revanche, c’est un système particulièrement économique et l’on peut même se bricoler ses propres rallonges ou répartiteurs si l’on sait raccorder proprement deux câbles électriques.

La synchronisation PC n’agit que sur le déclenchement des flashs. On perd tous les automatismes éventuels dont on dispose lorsque le flash est directement connecté sur l’appareil. Il existe cependant des cordons spéciaux qui permettent de conserver tous les automatismes en se branchant sur les griffes de flashs mais ils sont spécifiques à chaque constructeur et relativement coûteux, ce qui fait perdre les principaux avantages du système (universalité, simplicité et coût).

La synchronisation optique simple

Avantages

  • Peu coûteux (si synchro simple au 1er éclair).
  • Pas besoin de source d’énergie autre que celle des flashs (sauf cellules sophistiquées).
  • Ne nécessite pas de prise flash sur l’appareil.
  • Peut se pratiquer en open flash, pour économiser des assistants.
  • Cellules déjà intégrées dans certains flashs.
  • Chaque flash esclave peut en déclencher d’autres.

Inconvénients

  • Nécessite un flash maître (ou un déclencheur infrarouge)
  • Les cellules esclaves doivent être en vue du flash maître (mais on peut chaîner les flashs).
  • Fiabilité de déclenchement relative, surtout au-delà de 10 m.
  • Toutes les cellules ne se valent pas (sensibilité, fiabilité).
  • Incompatible avec certains appareils, à cause des pré-éclairs.
  • On ne peut pratiquer qu’en mode manuel, ce qui oblige à pré-calculer l’exposition en fonction des distances flash-sujet.

Le principe de la synchronisation optique est de faire commander le déclenchement de chaque flash par une cellule photo-électrique, qui agit comme un court-circuit lorsqu’elle détecte l’éclair d’un autre flash. L’élément déclenchant est généralement un flash (flash maître) placé sur l’appareil ou relié par un cordon.

Avec une simple cellule passive, le déclenchement se fait au premier éclair reçu du flash maître, ou plus exactement à chaque éclair reçu. Cela fonctionne sans problème avec un appareil argentique classique (sans automatisme ou presque), et de façon générale avec tout appareil en mode d’exposition M (manuel), si ce mode est disponible.

Les choses se gâtent avec les modes d’exposition automatiques et encore davantage lorsque le flash est utilisé à des fonctions annexes. En effet, en cas d’exposition automatique au flash, l’appareil photo force l’envoi d’un premier éclair (pré-flash) qui sert à pré-calculer l’exposition et le réglage du flash. Ce premier éclair est moins puissant que celui émis pour éclairer la scène, mais il risque quand même de déclencher les cellules et donc d’aboutir à une salve d’éclairs prématurés. D’une part cela provoque une perte d’énergie inutile (donc baisse d’autonomie dans le cas de flashs portatifs). D’autre part, si les flashs tirent à forte puissance, ils n’auront pas eu le temps de se recharger avant le « vrai » éclair : l’éclairage de la scène sera raté. Pire : le flash peut aussi être utilisé comme faisceau d’assistance AF ou anti-yeux rouges, ce qui va ajouter d’autres pré-éclairs. Si l’on ne peut pas éviter ce phénomène (par exemple si l’on n’a qu’un compact avec flash intégré, sans mode manuel), il faut remplacer la cellule passive par une cellule « intelligente » qui déclenche au deuxième éclair reçu, voire après un nombre d’éclairs déterminés. On peut aussi opter pour des flashs disposant d’une cellule intégrée et offrant cette possibilité de déclenchement au second éclair, voire plus. Attention : dans des cas de portée intermédiaire, on risque de se trouver aux limites de sensibilité des cellules. Tantôt le pré-flash déclenchera les cellules, tantôt non (ou pas toutes), ce qui aboutira à des résultats disparates.

Puisque la synchronisation est optique, il est impératif que la cellule connectée (ou intégrée) à chaque flash « voie » le flash maître, ou à la rigueur un des autres flashs synchronisés. Cela peut être un problème si la cellule et la tête de flash sont fixes car la direction d’où vient l’éclair maître est rarement celle vers laquelle on veut envoyer l’éclair « esclave ». On privilégiera donc des flashs à tête pivotante ou des cellules mobiles (pivotantes ou à liaison filaire). Pour la même raison, il sera difficile de déclencher un flash s’il est masqué derrière un élément de la scène, ou encore placé dans une boîte-à-lumière, sauf si la cellule de déclenchement est reliée par un fil suffisamment long pour être placée en vue.

Un autre inconvénient de cette méthode est le fait que l’on ait besoin d’un flash connecté (ou intégré) à l’appareil photo pour déclencher la synchronisation des flashs distants. En effet, ce flash procure un éclairage facial assez plat, que l’on cherche justement à éviter en éloignant les flashs principaux. Pour limiter cet inconvénient, il existe plusieurs méthodes possibles :

  • si l’appareil le permet, on peut réduire la puissance de ce flash maître de façon qu’il ne participe pratiquement pas à l’éclairage de la scène. Cependant cela réduit aussi sa portée et l’on risque de ne plus déclencher les cellules esclaves ;
  • un autre procédé est de placer devant ce flash un cache qui filtre la lumière visible de façon à ne transmettre que les rayonnements infrarouges (filtre rouge, pellicule exposée…) ;
  • si le flash maître est muni d’une tête pivotante, on l’orientera sur le côté, de façon à envoyer l’éclair sur l’un des flashs sans éclairer la scène. Ce flash latéral jouera le rôle de relais et c’est lui qui déclenchera les autres flashs. Si de plus le flash maître dispose d’une tête zoom, on aura intérêt à la régler sur la plus longue focale, pour concentrer l’éclair sur le flash relais et réduire les risques d’interférences avec la scène photographiée ;
  • si le flash est fixe, il est possible d’intercepter l’éclair du flash avec un cache opaque blanc ou métallisé de façon à le renvoyer vers un flash relais Cette méthode, quoique rudimentaire, a l’avantage de fonctionner avec n’importe quel appareil photo.

Les spéléologues ayant été de grands utilisateurs de cellules de déclenchement avant la démocratisation des déclencheurs radio, c’est chez eux que l’on trouvera le plus de renseignements sur les cellules de déclenchement et leur utilisation. Voir en particulier la boîte-à-outils Souterweb.

La synchronisation optique avec exposition auto

Avantages

  • Pas besoin de source d’énergie supplémentaire.
  • Conservation des automatismes.
  • Paramétrage des flashs depuis l’appareil.

Inconvénients

  • Nécessite des flashs compatibles avec le protocole de l’appareil, généralement coûteux.
  • Nécessite un flash maître (ou un déclencheur infrarouge)
  • Les flashs doivent être en vue du flash maître.
  • Portée limitée : 10-20 m, voire moins selon les conditions.

Cette technique de synchronisation est intimement liée aux possibilités de l’appareil photo et des flashs qui lui sont associés. Les principaux constructeurs ont en effet développé chacun un dispositif de communication optique entre leurs boîtiers et les flashs qu’ils fabriquent. Ce système est basé sur l’échange de signaux optiques (éclairs de flashs ou signaux infrarouges) détectés par des cellules photoélectriques, mais ici les signaux échangés sont codés de façon à transmettre des informations et des requêtes. Ce sont d’ailleurs ces signaux qui perturbent les synchronisations optiques simples (voir ci-dessus).

On sort ici du cadre d’une simple synchronisation puisqu’un tel dispositif permet aussi de paramétrer à distance les réglages des flashs (généralement répartis en groupes).Les constructeurs proposent ainsi des systèmes extrêmement puissants, avec toutefois deux inconvénients notables :

  • les flashs fabriqués par les constructeurs d’appareils photo sont chers. Un lot de deux flashs puissants peut ainsi revenir plus cher qu’un réflex expert… Heureusement, certains fabricants d’accessoires proposent des flashs compatibles à des tarifs beaucoup plus raisonnables ;
  • il n’existe aucune compatibilité d’un système à l’autre. Un flash Canon ne fonctionnera pas avec un boîtier Nikon et réciproquement (pour ne parler que des deux principales marques mais c’est pareil pour toutes). Là aussi, certains équipementiers « tiers » ont pris une longueur d’avance en proposant des flashs compatibles avec plusieurs marques (au moins les deux pré-citées).

Il est impératif que tous les flashs (ou plus précisément leurs cellules photo_électriques) soient en vue directe de l’appareil pour pouvoir recevoir tous les signaux qu’il envoie. On ne peut donc pas relayer le signal de déclenchement d’un flash à l’autre comme dans le cadre de la synchronisation optique simple, excepté si l’on dispose de flashs ayant la capacité de retransmettre les signaux reçus, ce qui est réservé à quelques modèles haut de gamme.

La synchronisation radio

Avantages

  • Bonne fiabilité de déclenchement.
  • Longue portée (50-100 m).
  • Les flashs n’ont pas besoin d’être en vue de l’appareil.
  • Confort, légèreté, pas de fils qui traînent.
  • On trouve des transmetteurs simples à prix raisonnable (une trentaine d’euros la paire).
  • Grande polyvalence.
  • Il existe des flashs avec récepteur intégré.

Inconvénients

  • Nécessite des piles ou accumulateurs en plus de ceux des flashs.
  • Nécessite une sortie de synchro (connecteur) sur l’appareil photo.
  • D’une marque à l’autre, les protocoles de transmission ne sont pas compatibles.
  • Les transmetteurs les plus perfectionnés (exposition auto) peuvent être relativement chers.

Le principe de la synchronisation par radio est simple à comprendre, même si son application requiert des équipements de haute technologie : un émetteur radio fixé sur la griffe de l’appareil relaie le signal de déclenchement vers des récepteurs connectés aux flashs par leur sabot (ou éventuellement par cordon à leur prise PC). Certains modèles peuvent également transmettre des signaux de paramétrage des flashs.

Ces systèmes autrefois réservés aux professionnels du fait de leurs coûts élevés se sont démocratisés ces dernières années, jusqu’à revenir moins cher que des cellules de déclenchement à compensation des pré-éclairs. Ils offrent les avantages des liaisons optiques (pas de longs fils de liaison) et présentent moins d’inconvénients :

  • nul besoin que les flashs (ni les récepteurs radio) soient en vue directe ;
  • portée de plusieurs dizaines de mètres, voire quelques centaines pour certains systèmes professionnels ;
  • grande fiabilité de déclenchement ;
  • insensibilité aux pré-éclairs et à toutes les lumières parasites.

Par contre, pas plus que pour les signaux de synchronisation optique, les constructeurs ne se sont mis d’accord sur un protocole de transmission commun. Pour ne rien arranger, les fabricants d’équipements accessoires (Phottix, Cactus, Yongnuo, Godox…) ont chacun développé leurs propres systèmes de transmission radio, différents de ceux proposés par les marques d’appareils photo. Par exemple, rien que chez Yongnuo, on trouve 3 systèmes incompatibles entre eux (RF602, RF603, YN622) en plus des protocoles Canon ou Nikon.

À l’heure actuelle, les systèmes par radio offrent la solution la plus pratique et la plus fiable aux problèmes de synchronisation des flashs, à partir du moment où l’appareil photo utilisé dispose d’une griffe de flash ou d’une connexion synchro. Si l’appareil en est dépourvu (compacts avec flash intégré), cela reste envisageable à condition d’intercepter l’éclair du flash par une cellule photo-électrique reliée à l’émetteur (voir ci-dessous).

Les méthodes mixtes

Il est bien sûr possible de combiner certaines des méthodes citées ci-dessus. Il y a même des cas où seule une combinaison de méthodes permet d’aboutir au résultat souhaité sans trop se compliquer la vie. La principale contrainte, lorsqu’on veut se lancer dans ce genre d’astuce, est de bien comprendre ce que l’on fait et qui déclenche quoi, pour éviter de galérer dans des combinaisons incompatibles. Les avantages et inconvénients dépendent alors des méthodes utilisées : certains se compensent, d’autres se cumulent.

Le cas probablement le plus courant est de combiner la technique de l’open-flash avec une méthode de déclenchement : l’appareil photo est toujours maintenu en pose longue mais le déclenchement des flashs se fait par télécommande. On peut par exemple utiliser un déclencheur acoustique pour photographier un ballon qui éclate, une goutte d’eau qui tombe… ou encore déclencher plusieurs flashs successifs pour décomposer un mouvement, le tout sans avoir besoin d’un assistant.

Un autre cas (que j’utilise personnellement) permet de combiner les avantages des synchros radio et optique. En effet, j’apprécie beaucoup le confort apporté par le contrôleur YN560-TX mais je ne peux bien sûr l’utiliser qu’en synchronisation radio. Or mon compact S95 ne peut pas piloter un transmetteur radio car il est dépourvu de connecteur synchro. La solution que j’ai trouvée est de connecter ce dernier à une cellule photo-électrique que je place face au flash intégré du S95. J’ai ainsi un triple avantage :

  • le contrôleur est déclenché par la cellule photo-électrique, je peux ainsi synchroniser tous mes flashs par radio ;
  • je peux régler mes flashs à distance à partir du contrôleur (puissance, zoom…) ;
  • la cellule intercepte le faisceau du flash, qui du coup ne fait pas d’éclairage parasite.

Cette technique est applicable à n’importe quel compact à flash intégré s’il est possible de supprimer les pré-éclairs. Une petite précaution à prendre est de ne pas coller la cellule au flash si ses dimensions sont plus grandes, sinon une partie de la cellule n’est pas éclairée et le déclenchement ne se fait pas. En ce qui me concerne, j’ai une cellule rectangulaire, presque deux fois plus large que mon flash. Il me suffit de la reculer d’un centimètre pour que cela marche à tous les coups.

La réciproque est bien sûr possible : ainsi, j’ai bidouillé des flashs de récupération en y soudant à demeure une cellule photo (c’était bien avant de passer au déclenchement radio) et du coup je ne peux plus leur connecter un autre déclencheur. Je peux quand même les utiliser en les faisant déclencher par l’éclair d’un flash radio-commandé. Certes, je ne les utilise que de façon accessoire car ils sont peu puissants et je ne peux leur imposer aucun réglage, mais ils peuvent m’aider dans certains cas.