Canon Powershot S95

, par Petit Bugle

Un bon petit compact expert, bien qu’il ait été dépassé depuis par ses successeurs S100 et S120 (il date de 2010).

Avantages

 La compacité : il tient dans une poche, même pas très grande.

 La discrétion : du fait de ses petites dimensions, il ne se fait pas beaucoup remarquer.

 La stabilisation : je peux prendre des photos à main levée même à vitesse relativement basse, comme celle des stalactites ci-dessous.

 La grande ouverture : pouvoir prendre des photos à f:2 est avantageux en conditions de faible lumière. Dommage que ce soit limité à la plus courte focale.

 

La liberté de réglage : je n’ai généralement utilisé que les modes PTAM, et en majorité P et M. Le mode P procure une très bonne mesure d’exposition dans la plupart des cas, et la molette d’ajustement me permet de la corriger en fonction des situations. Le mode M permet de gérer les configurations plus difficiles, ainsi que les prises de vues avec flashs distants. Il est également possible d’ajuster la puissance du flash intégré.

 La mise au point débrayable : il est possible de débrayer l’autofocus et de passer en mise au point manuelle. On perd alors du temps à préparer sa mise au point (celle-ci ne se fait pas aussi facilement qu’avec un appareil argentique à télémètre ou stigmomètre) mais on en gagne au déclenchement.

 La qualité des photos : les photos ont une bonne définition et les 12 Mpixels (format L) sont amplement suffisants pour un tirage A2 et à fortiori des images pour diffusion Internet. D’ailleurs, pour économiser de l’espace disque, je suis la plupart du temps en format M, suffisant pour un tirage A3.

 Le format RAW : la possibilité de shooter en RAW est un avantage indéniable que l’on trouve rarement sur un compact, même si je l’ai finalement peu utilisé car la qualité des JPEG était généralement bien suffisante.

 CHDK : bien que ce ne soit pas une qualité intrinsèque de l’appareil, la possibilité de pouvoir y installer CHDK est appréciable. Certes, vu les qualités du S95, beaucoup de fonctionnalités de CHDK sont déjà intégrées ; l’avantage est donc moins grand qu’avec d’autres compacts plus bridés. CHDK apporte surtout un meilleur contrôle de la capacité batterie (en % plutôt qu’un logo à 3 degrés), de la mise au point manuelle (valeurs de distance), le zoom optique en vidéo et un intervallomètre, ainsi que la possibilité de programmer ses propres séquences.

Inconvénients

 Le temps de déclenchement : il peut s’écouler jusqu’à une demi-seconde entre l’appui sur le déclencheur et la prise de vue elle-même. Cet inconvénient est commun à la plupart des compacts, et on le retrouve aussi sur les réflex en mode lightview. Il est inhérent à l’autofocus par détection de contraste. On peut raccourcir ce temps en passant en mise au point manuelle mais c’est peu adapté à des situations où le sujet se déplace. Moi qui, du temps de l’argentique, ai beaucoup travaillé à saisir le « bon moment », j’ai toujours été frustré par l’usage des compacts numériques.

 La plage focale limitée : en grand angle, la limite à 28 mm (équivalent FF) n’est pas des plus gênantes. Il y a toujours quelques cas où l’on manque de recul mais cela reste rare. Par contre, en télé-objectif, l’équivalent de 105 mm est souvent trop court. Il faudrait pratiquement le double pour couvrir la plupart de mes besoins.

 La faible montée en ISO : les photos JPEG sont correctes jusqu’à 400 ISO mais au-delà, on observe rapidement une dégradation. Le compromis entre la montée du bruit et le lissage n’est pas satisfaisant. De plus, il n’est pas possible de choisir le niveau de lissage souhaité.

 Le manque de connectique : pour mes besoins, il manque deux connecteurs. D’abord une griffe de flash (ou à la rigueur une prise synchro PC) qui permettrait de synchroniser des flashs externes sans activer le flash intégré. Ensuite une prise d’entrée de télécommande qui permettrait de déclencher l’appareil à distance.

 Le flash intégré : comme sur tous les compacts (et de façon générale tous les boîtiers photo), le flash intégré est trop proche de l’objectif pour donner des résultats vraiment corrects. C’est plus un dépannage qu’autre chose. Heureusement on peut ajuster sa puissance, ce qui permet de l’utiliser pour déclencher des flashs externes sans trop interférer sur l’éclairage de la scène.

 L’ouverture glissante : si l’ouverture de f:2 est appréciable en grand angle, elle descend à f:4,9 à la focale maximale, ce qui est vraiment peu.

 L’écran fixe : dans les prises de vue en plongée ou contre-plongée, c’est vraiment un inconvénient. Il en est de même chaque fois que l’on souhaite placer l’appareil latéralement. Combien de fois ai-je pesté de devoir prendre mes photos au jugé parce que je ne voyais que des reflets sur l’écran… quand je pouvais voir l’écran. J’étais obligé de vérifier à chaque vue le cadrage et l’exposition et recommencer (si c’était possible) jusqu’à avoir un résultat satisfaisant.

De tous ces inconvénients, ceux qui m’ont le plus gêné (et incité à passer au réflex) étaient la latence au déclenchement et la difficulté de prise de vue sans flash en faible lumière, surtout en longue focale. La stabilisation permet de baisser beaucoup la vitesse d’obturation mais quand le sujet bouge ça ne suffit pas. Le manque de connectique ne s’est fait sentir qu’après, quand j’ai complété mon réflex par des transmetteurs radio et que j’en ai apprécié le confort.

Pourquoi lui - ce que j’en fais

J’ai reçu cet appareil en cadeau fin 2010. Un cadeau programmé et presque « sur commande », tant j’avais épluché les pages de caractéristiques pour choisir le modèle que je souhaitais :

  • compact expert disposant des modes PTAM et capable d’enregistrer des fichiers RAW ;
  • zoom trans-standard de bonne amplitude (équivalent à un 28-105 mm en FF) ;
  • objectif lumineux (f:2 à pleine ouverture) ;
  • pouvant tenir dans une poche.

Une particularité m’a fait pencher pour les appareils de la gamme Canon Powershot : la possibilité d’y installer CHDK, un logiciel interne qui permet d’ajouter des fonctionnalités (l’équivalent de ce qu’est Magic Lantern sur les réflex Canon). J’étais bien tenté par le G12, qui était à cette époque le summum en matière de compact expert, mais ce dernier était plus gros, plus lourd… et plus cher.

Le S95 a été mon premier APN personnel. Auparavant, il m’arrivait d’utiliser le compact (ou plutôt les compacts successifs) de ma chère et tendre. J’ai ainsi pu en juger les limites (des compacts, pas de ma femme, là c’est un autre débat), ce qui m’a permis de mieux cerner mes besoins.

J’ai utilisé mon S95 régulièrement et quasi-exclusivement pendant 4 ans, avant que ses propres limitations ne me poussent à acheter un réflex. Aujourd’hui je m’en sers moins souvent mais encore de temps en temps : quand je dois rester discret ou ne pas m’encombrer d’un gros appareil.

Synchronisation de flashs distants

Comme indiqué plus haut, le S95 ne dispose d’aucune prise permettant la synchronisation d’un flash extérieur. La seule synchronisation possible est donc optique, soit directe (les flashs esclaves reçoivent l’éclair de l’APN), soit indirecte (l’APN déclenche un émetteur radio via une cellule photo-électrique).

Pour que la synchronisation simple fonctionne (cellule simple ou flash en synchro S1), il est nécessaire d’être dans l’un des modes Av, Tv ou M. En mode M la synchro S1 fonctionne à tous les coups. En mode Av ou Tv, il faut préalablement forcer le flash en manuel (menu « Réglages flash/Mode flash ») pour éviter tout pré-éclair. Le flash ne peut pas être forcé en manuel dans les autres modes (P, Auto ou scènes).

Il est quand même possible, lorsque le flash intégré est en mode automatique, de synchroniser un flash externe si celui-ci dispose d’un mode de synchro S2 (synchro au 2e éclair) ou via une cellule photo-électrique qui inhibe le pré-éclair. Cette disposition manque cependant d’intérêt pratique : puisque le flash externe ne peut fonctionner qu’en manuel, pourquoi s’embarraser d’un mode automatique dont on ne peut prévoir quels réglages il adoptera ? Le seul cas où cela pourrait éventuellement être utile serait en mode Av : utiliser le flash comme éclairage principal déporté, l’ouverture pouvant être fixée en fonction de sa distance au sujet, et conserver le flash intégré en appoint pour déboucher les ombres.

Exemples de photos prises avec cet appareil

6 mm, f:2, 1 s, ISO 400 (en grand format sur 500px)

8,557 mm, f:4, 1/640 s, ISO 400 (en grand format sur 500px)

12,8 mm f:3.5, 1/30 s, ISO 640 (en grand format sur Fotoloco)

22,5 mm, f:4.9, 1/13 s, ISO 200 (en grand format sur 500px)

Quelques données techniques

 Capteur CCD 10 Mpx, 1/1,7", 23 Mpx/cm, ratio 4:3
 Objectif 6-22,5 mm (zoom ×3,8, éq. 28-105 mm en 24×36) f:2-4.9
 Ouverture mini f:8
 Obturateur de 15 s à 1/1600 s
 Stabilisation Optique
 Sensibilité (plage ISO) 80-3200 ISO
 Synchro X 1/60 s
 Écran 7,6 cm, non TN, 460 000 points, 4/3, non tactile
 Processeur DIGIC 4
 Poids : 193 g
 Dimensions : L 99,8 mm, H 58,4 mm, P 29,5 mm
 Batterie : NB-6L
 Année de sortie : 2010

Liens (descriptifs et tests)

Page « support » sur le site Canon pour notamment télécharger le manuel.

Test sur Les Numériques.

Test sur CNET.

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