Photographie au flash avec les appareils Canon EOS (partie 2)
Cette page est la traduction de l’article de NK Guy Flash Photography with Canon EOS Cameras - Part II paru sur http://photonotes.org (version 1.8 du 12 décembre 2010). Lire à ce propos l’introduction de la première partie.
Modes de prise de vue EOS et flash.
Dans un Canon EOS, les quatre principaux modes « créatifs » (P, Tv, Av et M) gèrent la mesure d’exposition au flash de différentes façons. Ces différences sont probablement une des premières sources d’erreur dans le domaine de la photo au flash avec les Canon EOS.
Explicitons tout d’abord quelques termes et concepts qu’il est nécessaire de connaître avant d’approfondir ce sujet.
Sujet et arrière-plan en photographie au flash.
Une photo prise au flash se décompose grosso-modo en deux parties. Le sujet, ou plan principal (par exemple une personne), est la zone où se fait la mise au point. Le reste constitue l’arrière-plan et reçoit principalement l’éclairage ambiant.
Cette distinction est importante car tous les flashs portatifs ont une gamme d’éclairement limitée. Comme il est fait remarquer dans la section FAQ, vous ne pouvez pas attendre d’un petit flash sur votre appareil qu’il illumine la Tour Eiffel ou le Grand Canyon, ni même une salle de bal. Par conséquent, le boîtier va traiter différemment (et indépendamment) la mesure effectuée sur le sujet et celle sur l’arrière-plan.
Fill-in (débouchage des ombres).
La photo au flash se fait selon deux schémas de base. Le schéma le plus répandu est d’utiliser le flash comme source principale de lumière. La mesure d’exposition au flash se fait sur le sujet et l’éclairement de l’arrière-plan est mesuré de façon classique. Cela peut aboutir à un arrière-plan sous-exposé, voire obscur si l’éclairage ambiant est insuffisant. C’est sous cette forme que la plupart des gens conçoivent la photo au flash : un moyen de prendre des photos dans les endroits sombres.
Cependant, un flash peut aussi être utilisé dans des endroits éclairés pour éclaircir les zones d’ombre, réduire le contraste excessif d’une scène en plein soleil ou éclaircir des images trop plates, sans être pour autant la source principale de lumière. C’est ce qu’on appelle le Fill flash ou flash Fill-in, ce dernier terme étant plus souvent utilisé en Grande Bretagne (NdT : les photographes francophones préfèrent également parler de « fill-in » de préférence à « remplissage » ou « débouchage », termes qui évoquent plutôt la plomberie si on ne précise pas que ce sont les ombres qu’on débouche). C’est une source fréquente d’étonnement pour les non-photographes, qui ne s’attendent pas à voir un photographe utiliser un flash en extérieur alors qu’il fait plein soleil. Dans de telles situations, le flash a le même usage qu’un réflecteur portatif dont le rôle est d’envoyer un complément de lumière dans des zones qui en manquent.
Prenons l’exemple typique d’une personne portant un chapeau en extérieur, par une journée ensoleillée : les rebords du chapeau provoquent des ombres marquées sur le visage du sujet, mais un petit coup de flash permet d’éclaircir ces ombres. Un autre usage courant du fill-in est un sujet à contre-jour : sans flash, on ne peut pas pousser l’exposition pour éclairer correctement le sujet car alors l’arrière-plan serait écrasé par une luminosité trop forte. Ou encore votre scène est correctement éclairée mais vous voudriez ajouter un reflet lumineux dans les yeux de votre sujet, ce qu’on appelle la catchlight. Les photographes animaliers placent parfois un flash à grande distance de leurs sujets, dans le même but : ce flash n’est pas utilisé pour éclairer l’animal mais pour obtenir un joli reflet dans ses yeux.
Dans tous ces cas, vous exploitez en fait deux types d’éclairage en même temps. Il y a d’abord l’éclairage ambiant, créé par toutes les sources de lumière continue qui vous entourent (le soleil ou divers luminaires). Et ensuite l’éclair de votre flash, qui vient en complément. De façon générale, l’éclairage ambiant impressionne votre pellicule ou votre capteur en fonction de l’ouverture de l’objectif et de la vitesse d’obturation, alors que l’éclairement produit par le flash est réglé par la mesure d’exposition. En ajustant les paramètres de votre flash, vous jouez sur le rapport d’éclairement entre les zones éclairées par le flash et celles qui le sont uniquement par la lumière ambiante.
Vous pouvez bien sûr m’opposer qu’entre les deux schémas que je viens de vous présenter, flash en éclairage principal ou flash en complément de l’éclairage ambiant, la différence est artificielle. En un sens, toute photo prise au flash n’est qu’un fill-in plus ou moins dosé ; simplement, dans le premier cas, la lumière ambiante est si faible qu’on n’en tient pas compte et dans le second c’est le contraire. C’est relativement vrai mais je pense qu’il est utile de faire la distinction, notamment quant à la façon dont fonctionnent les modes Auto et P comparativement aux modes Tv, Av et M.
Contrairement à d’autres types d’appareils photo (notamment Nikon), les boîtiers Canon EOS fonctionnent par défaut en fill-in lorsqu’ils sont dans l’un des modes Tv, Av ou M. C’est aussi le cas en mode P, si le niveau d’éclairage ambiant est suffisant. Il n’y a aucun bouton ou commutateur qui permettrait de forcer ou inhiber le fill-in. Pour plus de détails, voyez ci-dessous la section sur les causes d’erreurs.
Ratios d’éclairement en fill-in.
Le « ratio de fill-in » est généralement décrit comme le rapport entre l’éclairement total (lumière ambiante + flash) et l’éclairement dû au flash seul. Cependant, les équipements Canon vous proposeront habituellement de régler votre fill-in en termes de « stops » ou d’IL, par incréments d’1/2 IL ou 1/3 IL. Comment passer d’un système à l’autre ?
Un ratio de 1:1 signifie que le flash est la seule source de lumière (0 ambiant + 1 flash), ce n’est donc pas une situation de fill-in.
Un ratio de 2:1 signifie que la lumière ambiante et le flash sont au même niveau (1 ambiant + 1 flash). Cela correspond à 0 IL de compensation et cela permet d’obtenir une scène à l’éclairage plat avec une apparence peu naturelle.
Un ratio de 3:1 signifie qu’il y a deux fois plus de lumière provenant des sources ambiantes que du flash (2 ambiant + 1 flash). Un tel ratio correspond à un réglage de -1 IL pour le fill-in, dans la mesure ou chaque IL revient à multiplier ou diviser par deux la quantité de lumière.
Un ratio de 5:1 signifie qu’il y a quatre fois plus de lumière provenant des sources ambiantes que du flash (4 ambiant + 1 flash). Cela fait une différence de -2 IL. Les photographes règlent généralement leur fill-in entre 1 et 2 IL pour éclaircir les ombres en conservant une apparence naturelle.
Malheureusement, le terme « ratio » est ambigu et peut être interprété différemment. Certaines personnes parlent d’un ratio de 1:1 quand l’éclairage ambiant et le flash ont la même intensité. Dans ce cas, un ratio de 2:1 correspondrait à -1 IL et un ratio de 4:1 à -2 IL. Cela revient à prendre en compte l’intensité de la lumière ambiante plutôt que l’éclairement global du sujet.
Le concept des ratios fonctionne bien en studio, un contexte où l’on a le contrôle total de ses éclairages. On peut éteindre la lumière principale et mesurer l’éclairage de fill-in avec un luxmètre, on peut déplacer ses spots ici ou là pour faire varier leurs effets, etc. Mais si vous prenez une photo ordinaire en extérieur, vous n’avez pas tous ces contrôles. Vous aurez du mal à éteindre le soleil et en ce qui concerne le flash, l’automatisme TTL aura sa propre idée de ce que peut être un éclairage correct.
Pour ces raisons, je préfère ne pas du tout me préoccuper de ratios pour tout ce qui est photographie hors studio, mais raisonner plutôt en nombre d’IL de compensations à appliquer au flash. Notez aussi que le terme « ratio » est également employé dans un autre contexte, lorsque l’on utilise plusieurs flashs avec des réglages différents et plus particulièrement des flashs télécommandés dans une configuration de plusieurs flashs E-TTL à distance.
Réduction automatique du fill-in.
On trouve aussi l’appellation « réduction automatique de l’intensité du flash » (automatic reduction of flash output) dans certaines documentations Canon. Les boîtiers EOS calculent automatiquement une exposition normale au flash, sans compensation, quand le niveau de lumière ambiant est faible (10 EV ou moins). Par contre, quand l’éclairage ambiant est fort (13 EV ou plus), l’appareil commute en mode fill-in et réduit l’intensité de l’éclair. En TTL, cette réduction atteint 1,5 stops. Entre 10 et 13 EV, l’éclair est réduit progressivement, à raison d’un demi-stop à chaque EV.
En E-TTL, le fonctionnement est similaire mais la réduction peut apparemment atteindre 2 stops en ambiance très lumineuse. Maleureusement, Canon n’a pas dévoilé son algorithme de réduction de fill-flash. Il semble que cet algorithme compare les niveaux de chaque zone avant et pendant le préflash, en partie pour compenser les zones très réfléchissantes.
Sur certains appareils de milieu ou haut de gamme, on peut désactiver cet automatisme via une fonction de personnalisation. Pour plus de détails, voir la section sur la compensation d’exposition au flash. Notez que toutes les corrections que vous effectuez manuellement viennent en complément (et non pas à la place) de cette réduction automatique, sauf si bien sûr vous l’avez désactivée.
Synchronisation à vitesse lente.
Quand le niveau de lumière est faible, le boîtier peut effectuer sa photo au flash selon deux méthodes différentes. Il peut utiliser une vitesse d’obturation rapide pour minimiser le risque de flou de bougé et piloter le flash de sorte qu’il envoie assez de lumière pour éclairer le sujet principal tout en laissant l’arrière-plan dans l’obscurité ; ou il peut au contraire allonger le temps d’exposition pour obtenir un éclairement suffisant de l’arrière-plan et compléter l’éclairage du sujet au moyen du flash. Cette dernière technique est appelée synchronisation à vitesse lente ou plus brièvement « synchro lente ».
On ne peut l’exploiter que dans les modes Tv, Av et M. Elle est inutilisable en mode P ou dans la plupart des modes PIC (icônes). L’exception concerne le mode PIC « scène de nuit » que l’on trouve sur la plupart des EOS, qui utilise une exposition à vitesse lente avec un éclair au premier rideau.
Une application typique de cette technique est de photographier quelqu’un devant un monument célèbre, de nuit. Si vous choisissez une vitesse rapide, vous aurez une superbe photo au flash de votre ami sur un fond bien sombre, à moins que le monument soit fortement éclairé ou que vous n’utilisez une pellicule très rapide ou réglage de sensibilité ISO élevée. Par contre, si vous réduisez la vitesse d’obturation, vous pourrez obtenir une photo de la personne devant un arrière-plan correctement exposé.
L’inconvénient de cette méthode apparaît clairement. En réduisant la vitesse, vous allez avoir besoin d’un trépied pour éviter le flou provoquépar les mouvements de l’appareil, surtout avec de longues durées d’exposition comme 1/15 s ou davantage.
La synchro lente est parfois utilisée pour produire un effet dynamique de mouvement dans les photos au flash. La combinaison du flash et d’une vitesse lente peut en effet donner un sujet principal figé grâce au flash dans un environnement flou éclairé par la lumière ambiante. Le rendu final est difficile à prévoir mais quand ça marche on peut avoir des résultats étonnants et enthousiasmants.
Prenez par exemple ma photo des jongleurs de feu : le flash a arrêté le mouvement des jongleurs mais la vitesse lente a permis de capturer le mouvement tournoyant des flammes. La section sur la température de couleur vous aidera à comprendre pourquoi le jongleur de droite éclairé par le flash a des reflets bleutés sur la peau alors que le reste de la photo est éclairé par une lumière très jaune-orangé.
Vitesse de synchronisation flash « X-sync ».
Le temps est une donnée primordiale dans la photographie au flash. L’éclair d’un flash est extrêmement bref (de l’ordre de la milliseconde) et il faut qu’il soit émis lorsque l’obturateur est entièrement ouvert. Si le flash est actionné alors que l’obturateur est en cours d’ouverture ou de fermeture, ce même obturateur va empêcher la lumière d’atteindre une partie de la surface à exposer (film ou capteur).
Les obturateurs des réflex modernes sont constitués de deux rideaux mobiles qui balaient la zone située juste devant la surface sensible. Ils se déplacent verticalement, de façon à parcourir moins de distance que pour un déplacement horizontal, et il y en a deux pour pouvoir obtenir des temps d’exposition les plus courts possible. Aux vitesses les plus élevées, l’ouverture entre les rideaux se réduit à une fente qui parcourt toute la hauteur de l’image.
Ce fonctionnement présente un problème pour la photo au flash. En effet, si l’ouverture entre les rideaux se réduit à une fente au moment où le flash produit son éclair, celui-ci ne pourra pas éclairer toute la surface de l’image. Un flash électronique est toujours plus rapide que le plus rapide des rideaux d’obturateur.
D’un boîtier à l’autre, la conception de l’obturateur peut varier ; certains sont plus rapides que d’autres. Mais à chaque appareil correspond une vitesse d’obturateur maximale pour laquelle un éclair de flash exposera la totalité de la surface sensible. Cette vitesse, la plus grande compatible avec l’usage d’un flash, est appelée vitesse « X-sync ». Sur les appareils modernes, « X-sync » et « synchro flash » sont équivalents dans la mesure où l’on n’utilise que des flashs électroniques.
Vitesse X-sync selon les boîtiers EOS.
1/90 de seconde.
La plupart des EOS argentiques bas de gamme (grand-public). Ces appareils constituent la série Rebel en Amérique du nord (Rebel G, Rebel 2000…), la série Kiss au Japon (EOS Kiss, Kiss III…), certaines séries d’EOS à 3 chiffres (EOS 300, 500 mais pas les séries EOS 100, 600, ni les 750/850) et tous les EOS à 4 chiffres (EOS 1000, 3000…).
Certains utilisateurs ont cependant signalé que leur Rebel/EOS argentique à 3 ou 4 chiffres était physiquement capable d’atteindre une X-sync de 1/125 s. Cela signifie que le mécanisme d’obturation a cette capacité (mécaniquement) mais les ordinateurs embarqués dans ces appareils ont été volontairement programmés pour ne pas autoriser la synchro flash au-delà de 1/90 s. On ne sait pas exactement pourquoi ce choix de la part de Canon. Une des explications avancées est que Canon a délibérément bridé ces appareils bas de gamme pour des raisons commerciales (pour ne pas concurrencer les appareils plus perfectionnés). Une autre hypothèse serait que Canon ait voulu ainsi préserver ses appareils des fluctuations de durée des éclairs de flash : la X-sync étant limitée, on est sûr que l’obturateur soit ouvert pendant toute la durée de l’éclair même si celui-ci est un peu plus long que prévu).
En aucune façon on ne peut dépasser la valeur programmée dans l’appareil pour synchoniser un flash qui soit compatible avec une mesure d’exposition à travers l’objectif. Mais si vous utilisez un flash externe déclenché optiquement ou par un cordon adaptateur, vous pouvez profiter de cette vitesse plus élevée (si votre boîtier fait partie de ceux qui en sont capables). Les flashs non-dédiés ne communiquent pas avec l’appareil pour la mesure d’exposition, donc la vitesse programmée de 1/90 s n’est plus une limite. Malheureusement, le seul moyen pour le savoir est de procéder à des essais empiriques.
1/125 de seconde.
Les boîtiers argentiques pour amateurs (milieu de gamme). Ce sont les EOS à deux chiffres (EOS 10 et 50) et, en Amérique du nord, les séries Elan ( Elan II, Elan 7).La plupart des EOS de première génération (600, 630, 650, 750 et 850) ont aussi une synchro à 1/125 s, tout comme l’Elan/EOS 100 original.
1/200 de seconde.
Les boîtiers argentiques semi-pro et les numériques grand-public les plus récents. Ce sont les EOS à 1 chiffre en dehors de la série 1 : les EOS 3 et 5 (A2 en Amérique du nord). Beaucoup d’appareils de milieu de gamme et les meilleurs numériques grand-public ont aussi une synchro au 1/200 s tout comme, de façon surprenante, l’APS IX (les petites dimensions de son obturateur lui permettent d’atteindre cette vitesse élevée).
1/250 de seconde.
Les boîtiers pro, en haut de gamme : les EOS 1, 1N, 1V, 1Ds, 1D mark II, 1Ds mark II. Il faut y ajouter l’EOS 620, un vieux boîtier de la fin des années 1980 qui peut pourtant synchroniser à 1/250 s, et les EOS 20D/20Da.
1/300 de seconde.
Les EOS 1D mark III et 1D mark IV.
1/500 de seconde.
Le boîtier numérique 1D a une X-sync de 1/500 s et une vitesse maxi de 1/16 000 s. La raison en est que la durée d’exposition est gérée électroniquement par le capteur CCD, et non par un obturateur mécanique. Il y a bien un obturateur mécanique sur le 1D, mais il n’est utilisé que pour la pose B. Par contre, les successeurs du 1D, dont le capteur est de type CMOS, voient leur X-sync limitée à 1/250 s ou 1/300 s. La X-sync élevée du 1D est due à son capteur CCD.
Tous les EOS vous empêcheront d’utiliser une vitesse supérieure à leur X-sync si vous utilisez un flash non-HSS.
Notez le premier moyen de dépasser la vitesse X-Sync au flash : avoir un flash E-TTL sur un boîtier de type A, avec le mode synchro haute vitesse activé. Le seul inconvénient sera une baisse de puissance disponible. Autre moyen de dépasser cette limite : si vous utiliser des flashs d’autres marques, en particulier des flashs de studio à télécommande optique ou des flashs génériques. Dans une telle configuration, le boîtier ne reçoit pas d’informations sur le fait que vous utilisez un flash, donc tout n’est pas gagné…
Causes d’erreurs en photo au flash avec un EOS.
Quand on utilise un flash avec un EOS, la principale source d’erreurs est le fait que les modes P, Tv, Av et M gèrent différemment l’intensité du flash, surtout quand l’éclairage ambiant est faible. Voici en résumé comment ces modes agissent s’ils détectent que vous avez un flash activé. Ceci n’est valable que si la fonction synchro à haute vitesse (HSS) n’est pas activée, au cas où votre matériel disposerait de cette option.
| Mode | Vitesse d’obturateur | Ouverture |
|---|---|---|
| P | Calculée automatiquement entre 1/60 s et la vitesse synchro max | Calculée automatiquement par le programme interne de l’appareil. |
| Tv | Vous pouvez sélectionner n’importe quelle vitesse entre 30 s et la vitesse maximum de synchronisation | Calculée automatiquement en fonction de la vitesse sélectionnée. |
| Av | Calculée automatiquement entre 30 s et la vitesse synchro max en fonction de l’ouverture sélectionnée | Vous pouvez sélectionner n’importe quelle ouverture. |
| M | Vous pouvez sélectionner n’importe quelle vitesse entre 30 s et la vitesse maximum de synchronisation | Vous pouvez sélectionner n’importe quelle ouverture. |
Pour plus de détails, lire ce qui suit.
Mode P (Program) et flash.
Le principe majeur du mode Program (P) avec un flash est est que le boîtier essaie de maintenir une vitesse d’obturation élevée pour permettre la prise de photos à main levée, sans avoir besoin d’un trépied. Tant pis si la conséquence est d’obtenir un arrière-plan tout noir.
Ce mode peut fonctionner de deux façons différentes, selon le niveau de lumière ambiante.
- Si l’éclairage ambiant est assez fort (à partir de 13 IL), le mode P considère que vous voulez déboucher votre sujet par un fill-in. Il mesure le niveau de lumière ambiant et pilote le flash à faible niveau, pour juste éclairer le plan principal.
- Si l’éclairage ambiant est faible (moins de 10 IL), le mode P considère que le flash constituera l’éclairage principal du sujet. Il fixe la vitesse d’obturation entre 1/60 s et X-sync (la valeur maxi de votre boîtier, voir plus haut). L’ouverture est alors déterminée automatiquement.
Du fait que l’appareil essaie de conserver une vitesse élevée, vous obtiendrez un arrière-plan sombre, voire noir, si l’éclairage ambiant est trop faible.
Sur la plupart des EOS, si ce n’est sur tous, le mode P n’est pas ajustable lorsqu’on travaille au flash (que ce soit le flash intégré à l’appareil ou un flash externe monté sur le sabot). Notez aussi que le mode DEP (NdT : priorité à la profondeur de champ) ne peut pas fonctionner correctement avec un flash : sa configuration rebascule systématiquement dans celle du mode P.
Mode Tv (priorité vitesse) et flash.
Dans ce mode, le boîtier vous laisse choisir la vitesse d’obturation. Il calcule ensuite l’ouverture adéquate pour exposer correctement l’arrière-plan. La durée (donc l’intensité) du flash est déterminée pour une exposition correcte du sujet. En d’autres termes, l’appareil en mode Tv fonctionne en fill-in : contrairement au mode P, il essaie toujours d’exposer correctement l’arrière-plan.
Si l’affichage du diaphragme dans le viseur se met à clignoter à la plus grande ouverture de votre objectif, cela signifie que votre arrière-plan ne reçoit pas assez de lumière. Si vous voulez l’exposer correctement, il vous faut diminuer la vitesse pour y remédier. Sinon, l’appareil fera en sorte d’exposer correctement le sujet au flash et votre arrière-plan sera sombre. Naturellement, aux faibles vitesses, il vous faudra mettre l’appareil sur un trépied pour éviter le flou de bougé.
Comme toujours, l’appareil vous empêchera de dépasser sa vitesse X-sync, à moins que le mode synchro haute vitesse soit disponible et activé. Si l’affichage du diaphragme dans le viseur se met à clignoter à la plus petite ouverture de votre objectif, c’est que votre scène est trop éclairée. Si vous disposez d’un mode HSS, activez-le, sinon utilisez un filtre neutre ou encore optez pour une sensibilité plus basse si c’est possible. Vous pouvez aussi couper votre flash et utiliser un simple réflecteur de quelque sorte que ce soit pour renvoyer la lumière ambiante sur votre sujet.
En mode Tv, les flashs 420EZ et 430EZ opéreront en A-TTL, mais le 540EZ ne travaille qu’en TTL. Notez que dans ce mode, les boîtiers de type A ont tendance à sous-exposer l’arrière-plan (jusqu’à 1 stop) si la luminosité ambiante est faible et qu’un flash E-TTL est utilisé. Si c’est le cas pour vous, essayez de comparer l’ouverture avec celle préconisée en mode M, qui n’est pas affecté par ce problème. Si vous observez ce comportement sur votre boîtier et que vous souhaitez l’éviter, il vous faudra appliquer une compensation d’exposition.
Mode Av (priorité ouverture) et flash.
Le mode Av vous permet de jouer sur la profondeur de champ en sélectionnant votre ouverture. L’appareil en déduit la vitesse d’obturation, de 30 secondes à X-sync, de façon à exposer correctement l’arrière-plan. S’il en résulte une vitesse trop lente, il vous faudra un trépied pour éviter le flou de bougé. Donc, dans un environnement sombre, le mode Av fonctionne en synchro lente.
La durée (donc l’intensité) du flash est déterminée pour une exposition correcte du sujet. Comme en mode Tv, l’appareil en mode Av fonctionne toujours en fill-in.
Il y a néanmoins une exception à cela. Plusieurs appareils EOS disposent d’une fonction de personnalisation qui permet de forcer la vitesse à X-sync lorsque l’on utilise un flash en mode Av. C’est le cas par exemple des EOS 10/10s et de l’Elan II/EOS 50. Le comportement de l’appareil en mode Av est alors plus proche du mode P. Cependant, cette fonction ne peut forcer la vitesse qu’à la valeur X-sync, et ne permet pas d’ajuster la vitesse entre 1/60 s et X-sync comme le fait le mode P (NdT : certains appareils récents comme l’EOS 70D offrent maintenant cette possibilité).
Comme toujours, l’appareil vous empêchera de dépasser sa vitesse X-sync, à moins que le mode synchro haute vitesse soit disponible et activé. Si l’indication 30 s dans le viseur se met à clignoter, c’est qu’il n’y a pas assez de lumière pour exposer correctement votre arrière-plan. Vous aurez besoin d’une plus grande ouverture ou d’une sensibilité plus élevée. Si c’est la vitesse X-sync qui clignote dans le viseur, il vous faudra diminuer l’ouverture, activer le mode HSS si vous en disposez ou passer à une sensibilité plus faible.
En mode Av, les flashs 420EZ et 430EZ opéreront en A-TTL, mais le 540EZ ne travaille qu’en TTL. Notez aussi que dans ce mode, d’après certains utilisateurs, leurs boîtiers de type A ont tendance à sous-exposer l’arrière-plan (jusqu’à 1 stop) si la luminosité ambiante est faible et qu’un flash E-TTL est utilisé. Si c’est le cas pour vous, essayez de comparer la vitesse d’obturation avec celle préconisée en mode M, qui n’est pas affecté par ce problème. Si vous observez ce comportement sur votre boîtier et que vous souhaitez l’éviter, il vous faudra appliquer une compensation d’exposition.
Mode M (exposition manuelle) et flash.
Dans le mode d’exposition manuel, vous spécifiez vous-même l’ouverture et la vitesse, et vos réglages détermineront comment sera exposé l’arrière plan (selon la lumière ambiante). Cependant l’exposition du sujet par le flash sera quand même calculée par le système d’exposition automatique, dans la mesure où le flash dispose de cet automatisme. C’est une grosse différence avec les temps « anciens », quand les photographes devaient avoir sur eux des tables d’exposition pour déterminer les réglages manuels des flashs.
Voici donc comment fonctionnent les flashs en mode manuel. Attention, nous parlons bien ici du mode manuel d’exposition, qui peut utiliser pour le flash la mesure TTL automatique (la mesure A-TTL n’est pas utilisable en mode M). Ce n’est pas la même chose que régler manuellement les paramètres du flash (ce qu’on appelle travailler en flash manuel), qui constitue un sujet complètement différent.
- Réglez votre appareil sur M (mode d’exposition manuel) ;
- Réglez l’ouverture et la vitesse pour exposer correctement l’arrière-plan ;
- Pressez le déclencheur à mi-course si votre flash dispose à l’arrière d’un afficheur LCD (à cristaux liquides). L’intervalle de distances du flash apparaîtra sur l’afficheur. Cet intervalle de distances est celui qui peut être couvert par le flash ;
- Si votre objectif dispose d’une échelle de distances, vous pouvez contrôler la distance de mise au point sur votre sujet pour vérifier qu’elle tombe bien dans cet intervalle. Sinon, c’est à vous de l’estimer ;
- Si le symbole « flash prêt » apparaît dans le viseur, vous pouvez enfoncer le déclencheur à fond pour prendre votre photo. Le système TTL ou E-TTL déterminera le niveau d’exposition au flash pour votre sujet.
Bien sûr, si votre flash n’a pas d’afficheur LCD, vous n’aurez pas d’affichage de l’intervalle de distances. Par ailleurs, même avec un flash pourvu d’un afficheur, vous n’aurez pas une indication correcte de distance si vous travaillez en flash indirect ou si vous intercalez un diffuseur devant la tête du flash.
Certains flashs Speedlite, comme les 540EZ et 580EX, peuvent afficher les distances en mètres ou en pieds, en fonction du système de mesure sélectionné par le mini-interrupteur qui se trouve dans le compartiment de piles. D’autres, comme le 430EZ, sont réglés en usine sur l’un ou l’autre système, en fonction du pays où vous l’avez acheté. Les flashs achetés aux USA sont en pieds, ceux de tous les autres pays du monde [1] n’utilisent que les mètres. Quant au 580EX II, on peut choisir le système de mesure via une fonction de personnalisation.
Utilisation de plusieurs flashs.
Comme expliqué précédemment, la difficulté de concilier l’éclairage ambiant avec une vitesse d’obturation acceptable vient du fait qu’un flash ne peut éclairer correctement que le plan principal, à moins que vous ne vous trouviez dans une pièce de petites dimensions où vous pouvez bénéficier de la lumière réfléchie sur les parois.
Dans un grand espace, ou en l’absence de paroi réfléchissante, il faut envisager l’utilisation de plusieurs flashs : un ou deux flashs pour éclairer le sujet principal, un ou deux autres pour l’arrière-plan. Cet appareillage vous offrira un plus grand intervalle de distances et un contrôle plus fin de votre éclairage.
Il existe trois méthodes de mise en œuvre : par liaison filaire, par déclencheurs optiques et par liaison sans fil.
Synchronisation de flashs par liaison filaire
La synchronisation filaire consiste à vous procurer les cordons de connexion et les adaptateurs nécessaires pour relier plusieurs flashs à votre boîtier. Lorsque vous prendrez une photo, tous les flashs se déclencheront simultanément. Vous pouvez utiliser une des mesures d’exposition TTL ou configurer manuellement les intensités de chacun des flashs (si ceux-ci le permettent). Pour plus de détails, consultez la section sur les cordons d’extension.
Synchronisation de flashs par déclencheurs optiques
Pour synchroniser des flashs esclaves par déclencheurs optique, vous positionnez vos flashs autour de la scène (que ce soient de gros flashs de studio ou de petits flashs à piles) et vous connectez à chacun une petite cellule de déclenchement optique. Ces cellules détectent l’éclair du flash principal et déclenchent immédiatement les flashs auxquels elles sont reliées. Pour plus d’informations, consultez la section sur les flashs esclaves.
Synchronisation de flashs sans fil (wireless)
Vous pouvez déclencher vos flashs par un dispositif de liaison sans fil. Canon propose pour cela l’E-TTL sans fil (wireless E-TTL), qui vous permet de configurer plusieurs flashs Speedlite et de les déclencher à distance via des impulsions lumineuses (ce n’est pas un déclenchement par radio). Ce système nécessite des équipements E-TTL et inclut toutes les fonctionnalités associées (HSS, FEL, etc.). Sur certains boîtiers, il est possible de contrôler les ratios d’éclairement entre les différents flashs et la fonction de lampe pilote. Pour plus d’informations, consultez la section sur la télécommande sans fil.
Plusieurs fabricants d’accessoires proposent des systèmes de télécommande par radio qui permettent de déclencher des flashs à distance. La plupart de ces télécommandes sont incompatibles avec l’E-TTL sans fil et ne permettent donc pas, en général, la mesure automatique d’exposition au flash. Par contre, ils repoussent la limite de distance et l’obligation de voir le flash maître imposées par l’E-TTL sans fil. Le système Multimax de Pocket Wizard, le Radio Slave de Quantum et le Pulsar de Bowens sont parmi les plus populaires de ces systèmes. Ils procurent de grandes distances de télécommande et peuvent être utilisés conjointement à des déclencheurs optiques si nécessaire. Le Qflash (Quantum) a l’avantage d’être compatible E-TTL. (NdT : depuis la rédaction de cet article, plusieurs autres systèmes de déclencheurs radio compatibles E-TTL ont vu le jour.)
Au final, si vous avez un budget serré, vous pourrez trouver sur des sites d’enchères des déclencheurs radio à tout petit prix. Ce sont pour la plupart des télécommandes de porte de garage modifiées et leur gamme de distance est limitée par rapport aux appareils professionnels. Quoi qu’il en soit, ce sont de super-joujous qui ne coûtent presque rien. Ils vous permettent de déclencher vos flashs sans la contrainte d’être en vue directe du flash principal, mais bien sûr il ne sont compatibles avec aucune mesure automatique d’exposition.
Mesure d’exposition de l’arrière-plan avec flash.
Les appareils EOS ont différents modes de mesure, qui dépendent des modèles. Ces modes incluent la mesure évaluative (nombre de zones variable entre 3 et 35), sélective (de 6,5 % à 10,5 %, parfois centrée sur le collimateur actif), moyenne à prépondérance centrale et spot. Quand vous n’utilisez pas de flash, ces modes de mesure servent à évaluer la luminosité du sujet de la photo.
Cependant, quand on photographie au flash, l’appareil a besoin de mesurer l’arrière-plan plutôt que le sujet. Le mode de mesure doit donc s’adapter autant que possible. Cette adaptation varie d’un boîtier à l’autre.
Les boîtiers qui mesurent l’éclairage ambiant sur une zone unique, comme le T90 et l’original Rebel/1000 utilisent une mesure moyenne à prépondérance centrale pour le TTL et l’A-TTL. Ceux qui peuvent mesurer l’éclairage ambiant sur plusieurs zones utilisent pour le TTL et l’A-TTL celles situées à l’extérieur (leurs capteurs de luminosité sont répartis en fonction du nombre de zones et ce sont les zones les plus proches des bords qui sont sélectionnées).
Notez qu’avec la plupart des boîtiers EOS disposant d’un bouton d’exposition sélective, les zones extérieures ne seront pas prises en compte si vous appuyez sur ce bouton. C’est la méthode d’exposition sélective qui sera utilisée à la place pour évaluer l’éclairage ambiant, y compris pour la photo au flash. Les T90, EOS 1, 700, 750 et 850 constituent des exceptions : ils refuseront de commuter en mesure partielle si vous leur connectez un flash.
Malheureusement, autant que je sache, la façon dont l’E-TTL mesure l’éclairage ambiant n’a pas fait l’objet d’une documentation publique de la part de Canon.
Mesure d’exposition du sujet avec flash.
La documentation sur ce sujet est elle aussi plutôt rare, notamment en ce qui concerne l’E-TTL.
Mesure TTL et A-TTL (en argentique uniquement) :
La méthode de mesure d’exposition au flash est déterminée par le nombre de capteurs de flash disponibles dans le boîtier. Si celui-ci ne dispose que d’un collimateur, la mesure d’exposition au flash ne concernera que cette zone. On aura une mesure d’exposition moyenne à prépondérance centrale.
Si le boîtier dispose de plusieurs collimateurs, il y aura plusieurs zones de mesure ; c’est ce que Canon appelle le système AIM. Le nombre de zones de mesure au flash dépend du modèle de boîtier. Par exemple, l’EOS 10/10s a trois collimateurs et trois zones de mesure, et la mesure d’exposition au flash utilise la ou les zones correspondant au(x) collimateur(s) utilisé(s). Par contre, l’EOS 5/A2 utilise les mêmes capteurs que le 10/10s, soit 3 zones de mesure d’exposition alors qu’il dispose de 5 collimateurs. L’Elan II/EOS 50 a 3 collimateurs AF et une mesure d’exposition flash sur 4 segments/3 zones (chaque zone de mesure regroupe deux segments consécutifs).
Avec ce fonctionnement en zones distinctes, la zone qui entoure le point d’AF est prépondérante dans la mesure d’exposition au flash. Si vous effectuez une mise au point manuelle, cette sélection de zone est inhibée et l’appareil fait sa mesure sur la zone centrale.
Notez que l’A2/5 a un comportement atypique par rapport à d’autres appareils disposant de plusieurs collimateurs AF : il ne choisira la zone en fonction du collimateur que si celui-ci a été sélectionné manuellement. Dans les modes automatiques et ECF, il semble qu’il choisisse toujours la zne centrale.
Mesure E-TTL et E-TTL II :
L’appareil photo utilise sa mesure évaluative pour régler la puissance du flash, en fonction de la mesure effectuée lors du pré-éclair. En mode autofocus, la plupart des boîtiers EOS qui ne sont pas E-TTL II mesurent l’exposition au flash en favorisant la zone qui entoure le point d’AF, mais toujours en mode de mesure évaluative (ils n’utilisent pas pour cela de mesure spot ou sélective). En mise au point manuelle, il apparaît que certains boîtiers EOS passent en mesure moyenne à pondération centrale.
Notez toutefois que cette délocalisation de la zone de mesure E-TTL vers le point d’AF est une cause potentielle de problèmes, dans la mesure où cette mesure d’exposition au flash se fait sur une zone très réduite. Plusieurs plaintes d’utilisateurs concernant de mauvaises exposition au flash en E-TTL se révèlent liées à cet état de fait. Si par exemple la visée se fait sur un objet sombre, la mesure d’exposition sera sous-évaluée et conduira à une photo fortement surexposée, et vice-versa. La solution classique à ce problème est d’utiliser la FEL et d’effectuer la mesure d’exposition au préalable sur un objet de tonalité moyenne, mais ce n’est évidemment pas applicable dans des situations exigeant de la réactivité, comme les mariages ou les sports. Une autre approche est de travailler en focus manuel, ce qui devrait commuter l’appareil en mesure à prépondérance centrale, mais on ne peut pas dire que ce soit la méthode la plus pratique dans la plupart des cas.
Les utilisateurs des numériques D30 et D60 sont particulièrement défavorisés par la mesure E-TTL. Le 10D a semble-t-il atténué ce problème en effectuant par défaut une mesure à prépondérance centrale en E-TTL, même quand l’objectif est en autofocus.
L’E-TTL II traite ce problème en modifiant considérablement la mesure d’exposition au flash. Il examine chaque zone de mesure évaluative avant et pendant le pré-éclair. Il calcule ensuite le poids de chaque zone indépendamment et favorise celles qui révèlent une forte réflectivité lors du pré-flash. Cela signifie que l’E-TTL || ne sélectionne pas une zone de mesure particulière mais effecture une évaluation dynamique globale.
Notez que dans l’incapacité où j’ai été de trouver des infomations officiellement publiées par Canon à ce sujet, je ne peux pas être aussi affirmatif que je le souhaiterais. Merci de me contacter si vous avez des renseignements complémentaires sur la mesure E-TTL.
Ne pas « mettre au point puis recadrer » avec un flash.
Un fait important à garder à l’esprit est que si le boîtier calcule sa mise au point à partir de plusieurs points, l’exposition au flash sera ajustée pour le point le plus proche. Si vous êtes familier de la bonne vieille technique « mettre au point, mémoriser l’exposition puis recadrer », il vous faudra éviter de procéder ainsi si vous travaillez au flash.
La mesure d’exposition flash intervient près la mesure d’exposition ambiante ; donc dans ce cas vous mémorisez la mesure d’ambiance mais pas celle du flash et lorsque vous recadrez, vous perturbez la mesure du flash en la dirigeant sur une zone qui n’a rien à voir. Il est préférable de sélectionner le collimateur le plus proche de votre sujet, de façon à orienter la mesure du flash sur cette zone.
Il y a cependant deux exceptions à cette règle. La première est que certains boîtiers de type A ont une fonction FEL (flash exposure lock = mémorisation d’exposition au flash). Vous pouvez donc l’utiliser pour mémoriser l’exposition au flash sur une zone donnée avant de recadrer. La seconde est que l’E-TTL est potentiellement moins vulnérable à ce défaut, notamment parce qu’il tient compte de la mesure de distance.
Terminologie des flashs.
Voici un certain nombre de termes et de concepts relatifs à la photographie au flash, de façon générale ou dans le cas des EOS. Pour plus d’informations sur les flashs électroniques, consultez la page de Toomas Tamm.
Strobe et flash.
Note du traducteur : cette partie du texte a été modifiée pour l’adapter à un lectorat francophone.
Les anglophones ont un petit problème de terminologie dû aux différences entre l’anglais britannique (UK) et l’anglais nord-américain (US). Le Britannique appelle strobe un appareil qui émet des trains d’impulsions lumineuses (stroboscope en français) alors que l’Américain désigne par strobe tout ce qui émet des éclairs, que ce soit un à la fois ou en continu.
Une autre source de confusion est qu’en anglais, flash peut avoir quatre significations : le verbe qui signifie « produire un éclair » (en français « flasher »), l’éclair lui-même, un appareil qui produit des éclairs, ou de façon générale la photographie utilisant un ou des flashs. Il s’y ajoute les dénominations Speedlite et Speedlight, qui sont les marques utilisées respectivement par Canon et Nikon pour leurs séries de flashs électroniques.
Dans le texte anglais original, les conventions suivantes ont été adoptées :
- le mot strobe n’est pas utilisé, afin de limiter les ambiguïtés ;
- les appareils électroniques qui produisent des éclairs lumineux sont désignés par flash units s’il y a une confusion possible avec une autre signification du mot flash ;
- les flashs électroniques qui peuvent émettre des séries d’éclairs sont qualifiés de « stroboscopiques ».
Dans la présente traduction, « flash » désigne un appareil plutôt que l’éclair qu’il produit.
Autre particularité : l’auteur du texte original a considéré que les entreprises étaient des groupes de personnes et employé à leur sujet le pluriel selon une ancienne convention grammaticale de l’anglais. En français, on parle d’une entreprise au singulier (comme une entité unique), ou alors on précise par exemple « les concepteurs de chez Canon ont choisi… ».
Loi en carré inverse de la distance et loi du quart de la puissance.
La baisse de lumière lorsqu’on s’éloigne d’une source semble toujours très rapide. Voyez par exemple un feu de camp la nuit : il forme une zone éclairée cernée par l’obscurité. Ou une lampe torche dirigée vers le ciel nocturne : un intense rayon de lumière qui se réduit rapidement à presque rien. On pourrait penser que lorsque la distance de la source est doublée, la lumière se réduit de moitié, mais ce n’est pas le cas : il ne reste que le quart de l’intensité lumineuse.
L’espace est à trois dimensions. Il faut donc se représenter une sphère centrée sur la source lumineuse qui produit les photons. S’éloigner de la source lumineuse revient à augmenter le rayon de cette sphère. Sa surface totale augmente donc, mais elle est toujours éclairée par la même quantité totale de lumière, le même nombre de photons. Ce n’est pas un rapport de 1 à 1 : la surface de la sphère n’est pas deux fois plus grande si son rayon est doublé.
La relation effective entre la distance à une source lumineuse et la taille de la sphère imaginaire correspondante peut être décrite mathématiquement comme loi du carré inverse. Elle stipule que l’intensité lumineuse est proportionnelle à l’inverse du carré de la distance (on divise 1 par la distance, puis on élève le résultat au carré). Donc si vous doublez la distance, vous obtenez 1÷(2×2), soit un quart de l’éclairement initial. Si vous quadruplez la distance, vous obtenez 1÷(4×4), soit un seizième de l’éclairement. Vous noterez à quel point la luminosité baisse rapidement.
Toutes les sources lumineuses habituelles suivent cette règle (les lasers constituent une catégorie un peu particulière), qui explique pourquoi la lumière d’un flash tend à chuter rapidement avec l’éloignement. En fait, c’est encore pire que ça puisque la lumière va d’abord du flash vers la scène, puis revient vers la caméra, baissant encore plus d’intensité.
Ajoutez à cela le fait qu’une bonne partie de la lumière est absorbée par la scène et non réfléchie, c’est presque un mirale que l’on arrive à faire des photos au flash dans ces conditions. Cela explique aussi pourquoi vous ne gagnerez pas forcément beaucoup en intervalle de distance si vous remplacez votre flash par un autre juste un peu plus puissant, et pourquoi les objets proches sont éclairés beaucoup plus fort que les objets lointains par le flash monté sur votre appareil.
NdT : certaines assertions exprimées dans ces deux derniers paragraphes n’ont pas de rapport direct avec la loi dite du carré inverse de la distance. La perte d’intensité lorsque la lumière va du flash au sujet s’accroît effectivement avec l’éloignement selon cette loi physique. Mais en revanche, la distance entre le sujet et l’appareil photo ne modifie que la taille apparente des objets, pas leur luminosité. Car si les rayons réfléchis par une surface donnée perdent effectivement en intensité avec la distance, cette surface diminue de taille apparente et la lumière qu’elle renvoie paraît plus concentrée. On peut démontrer que ces deux phénomènes se compensent exactement et que la luminosité apparente d’un objet ne dépend que de l’éclairement qu’il reçoit, pas de la distance d’observation. Au sujet de l’absorbtion de la lumière par la scène éclairée, la remarque de l’auteur est certes vraie mais c’est l’essence même de la photographie (et de la vision) de tirer parti des différences de réflexion lumineuse entre tous les éléments d’une scène, et les taux d’absorbtion ou de réflexion n’ont rien à voir avec la distance d’éclairement. Enfin, le fait qu’une petite augmentation de puissance ne fait pas gagner beaucoup en éclairement n’est pas lié non plus à la loi du carré inverse mais à la réponse logarithmique de notre œil : pour augmenter d’un IL l’éclairement d’une scène, il faut multiplier la puissance par deux.
Nombre-guide.
La distance maximum à laquelle un flash peut éclairer est donnée par son nombre-guide. Si vous utilisez un flash piloté automatiquement, vous n’aurez jamais à vous occuper de nombre-guide excepté au moment de l’achat, quand vous souhaitez savoir de quoi chaque modèle de flash est capable. Par contre, le nombre-guide est indispensable pour travailler en flash manuel.
Le nombre-guide est utilisé dans les calculs de flashs pour déterminer l’ouverture qui convient en fonction de la distance d’éclairement, ou vice-versa. Notez que d’un point de vue technique, le nombre-guide décrit la capacité d’un flash en terme de distance et non de puissance. Du fait de la loi du carré inverse, un flash a besoin de quatre fois plus de puissance s’il veut éclairer à une distance double.
Pour trouver la valeur d’ouverture requise pour photographier un sujet, il faut diviser le nombre-guide du flash par la distance entre flash et sujet. Réciproquement, pour trouver la distance maximale permettant une exposition correcte en fonction d’une ouverture donnée, on divise le nombre-guide par la valeur d’ouverture. Dans les deux cas, c’est la distance entre le flash et le sujet qui est importante, pas la distance entre appareil-photo et sujet. Ces distances sont similaires lorsqu’on éclaire directement avec le flash sur l’appareil mais pas en flash télécommandé, ni en flash indirect (si l’on fait réfléchir l’éclair sur un diffuseur).
- ouverture = NG / distance
- distance = GN / ouverture
Les nombres-guides Canon sont donnés en mètres à ISO 100. Les noms des flashs Speedlite, par exemple, indiquent leur nombre-guide maxi (au zoom maximum si c’est un flash avec zoom) multiplié par 10, comme le 550EX. Notez cependant que Canon USA exprime les nombres-guides en pieds, donc soyez-y attentifs. Par exemple, les publicités US annaoncent que le flash intégré de l’Elan 7 a un nombre-guide de 43, ce qui peut paraître beaucoup jusqu’à ce qu’on réalise que cela correspond à 13 en système métrique (les flashs intégrés des boîtiers EOS ont typiquement un nombre-guide de 12 ou 13, à moins d’être équipés d’un zoom motorisé).
Je ne ferai ici référence qu’aux nombres-guides en mètres. Si vous préférez travailler en pieds, voici les coefficients de conversion à employer (valeurs approchées) :
- 1 mètre = 3,3 pied (feet)
- 1 pied = 0,3 mètre
Il est important de noter que le nombre-guide est donné pour une sensibiité de 100 ISO. Si vous utilisez une pellicule ou un réglage de sensibilité différent, vous devez introduire un facteur correctif dans vos calculs. Là aussi, il faut prendre en compte la loi du carré inverse : le nombre-guide double lorsque la sensibilité quadruple. De ce fait, la distance maximum couverte par un flash augmente avec la sensibilité utilisée. Si vous ne voulez pas vous embêter à calculer des racines carrées, voici une méthode rapide de conversion :
- ISO double : NG x 1,4
- ISO moitié : NG x 0,7
Une autre chose à se rappeler lorsqu’on compare des flashs est le fait que l’angle d’éclairement (zoom) du flash modifie le nombre-guide par rapport à la valeur annoncée officiellement. Ainsi, le 480EG envoie des éclairs plus puissants que le 540EZ alors que son NG n’est que de 48, contre 54 au maximum pour ce dernier. En fait, à 35 mm, le NG du 540EZ n’est plus que de 36. Par contre, son zoom permet de concentrer l’éclair aux longues focales alors que le 480EG, qui n’a pas de zoom, « gaspille » de la lumière aux focales supérieures à 35 mm en éclairant des zones qui ne sont pas dans le champ de vision. On peut cependant éviter ce défaut en utilisant une lentille additionnelle qui concentrera la lumière sur un champ plus réduit, ce qui augmentera de fait la portée. On peut trouver ce genre d’accessoire en option, y compris pour d’autres modèles de flashs.
Comme noté plus haut, le nombre-guide ne fournit pas directement une mesure de la quantité de lumière émise. Pour cela, on utilisera plutôt une unité de mesure de lumière comme le BCPS (beam candlepower seconds) ou l’ECPS (effective candlepower seconds), ou une unité d’énergie comme le joule (ou watt‧seconde). Aucun de ces systèmes de mesure n’est employé usuellement pour les flashs portatifs, je n’en parlerai donc pas plus ici. Ils mesurent d’ailleurs des grandeurs différentes et ne sont donc pas interchangeables ni convertibles directement.
Pour terminer, il faut reconnaître qu’une part de subjectivité intervient dans la détermination d’un nombre-guide, d’où probablement le qualificatif « guide ». Après tout, comment peut-on définir qu’un sujet est « idéalement exposé » ? De fait, les nombres-guides ne donnent pas une indication fiable pour comparer des flashs construits par des fabricants différents. D’autant plus que les fabriquants ont tendance à être largement optimistes lorsqu’il s’agit d’attribuer des nombres-guides à leurs produits.
Indice de luminosité (IL) ou d’exposition (EV).
L’éclairement nécessaire à un appareil photo pour faire sa mise au point ou déterminer la mesure d’exposition correcte se mesure en EV (exposure value) ou IL (indice de luminosité) pour un objectif et une sensibilité ISO donnés.
Du fait que la quantité de lumière reçue par le capteur ou la pellicule est déterminée par le temps d’exposition (vitesse d’obturateur) et l’ouverture du diaphragme, les EV sont simplement des combinaisons de ces deux paramètres. Par exemple, f/4 à 1/30 s donne un EV de 9, ce qui est obtenu également par f/2 à 1/125 s. Toomas Tamm fournit une table complète des EV sur son site web.
Ces deux combinaisons vitesse/ouverture font arriver la même quantité de lumière sur la surface sensible ; les seules différences concernent la profondeur de champ et le rendu du mouvement. La profondeur de champ diminue quand l’ouverture augmente et le flou de mouvement augmente quand la vitesse diminue.
Cependant, la comparaison des EV n’a de sens que pour une sensibilité ISO donnée. Dans ses documentations, Canon évalue les valeurs d’EV pour un objectif standard 50 mm f/1.4 lens à ISO 100.
Flashs dédiés ou non-dédiés.
Dans les anciens modèles de flashs électroniques, lorsque le capteur de mesure était intégré au flash, l’envoi du signal de synchronisation était la seule commande que pouvait exercer l’appareil photo sur le flash. Le niveau de sortie et la durée de l’éclair étaient déterminés par le flash lui-même, puisqu’il n’y avait pas de communication bi-directionnelle entre les deux équipements. De ce fait, il se vendait beaucoup de flashs génériques, qui fonctionnaient de la même façon sur tous les appareils photo.
À partir des années 1980, les fabriquants d’appareils photo ont commencé à concevoir des flashs dédiés qui ne fonctionnaient que sur leurs propres appareils, et qui permettaient un meilleur contrôle sur la prise de vue (et probablement aussi de meilleures ventes de leurs produits en décourageant les ventes de produits tiers). Les flashs Speedlite de Canon sont donc des flashs dédiés qui peuvent communiquer avec les boîtiers EOS. Ils peuvent également être utilisés en manuel sur d’autres boîtiers, mais les mesures TTL perfectionnées et autres fonctionnalités basées sur une communication bi-directionnelle seront inopérantes sur les appareils d’autres constructeurs.
Certains fabricants de flashs « tiers », comme Metz ou Sigma, ont contourné ce problème d’interfaces dédiées en décodant les protocoles de communication spécifiques et en construisant soit des flashs génériques avec des adaptateurs spécifiques à tel ou tel système propriétaire, soit des flashs spécifiques à chaque système.
Montage sur sabot.
De nos jours, la plupart des réflex ont un support carré à glissière au sommet du boîtier, qui accueille les flashs externes. On l’appelle griffe ou sabot de flash (ou porte-accessoire), en anglais hotshoe, le hot faisant référence au contact électrique qui permet de transmettre le signal de synchro (remarquez qu’aucun boîtier moderne ne comporte de sabot sans ce contact, mais ce terme a été conservé pour des raisons historiques). Qu’on se rassure, ce contact (et les autres éventuels) ne présente aucune tension électrique significative tant qu’aucun flash n’y est connecté, il n’y a donc aucun risque d’électrocution.
Les sabots de flash des boîtiers EOS présentent 4 petits contacts en plus du contact de synchro (le gros contact central). Ces petits contacts permettent le transfert des signaux numériques avec le flash, selon une technologie propre à Canon. Ils ne sont pas compatibles avec les flashs Nikon, Pentax, Minolta, etc.
Une autre particularité de Canon est la présence d’un petit têton de verrouillage sur la plupart des flashs EOS. Ce têton sort du pied du flash lorsqu’on active le levier de verrouillage et vient s’insérer dans un petit trou existant sur la plupart des boîtiers, pour éviter au flash de glisser accidentellement. Il est tendu par un ressort, ce qui permet de fixer quand même le flash sur des sabots qui ne disposeraient pas de ce trou de verrouillage.
Notez que sur de nombreux flashs externes, le pied en plastique n’est pas d’une solidité à toute épreuve. Il est déconseillé de porter l’ensemble boîtier et flash en le saisissant par le flash. Tenez bien le boîtier si vous voulez assurer la sécurité de votre matériel.
Flashs à pied métallique avec un levier de verrouillage rapide : Speedlite 430EX II, 580EX II.
L’effet « yeux rouges ».
Les yeux rouges, le fléau des photos de famille, se produisent quand la lumière provenant du flash se réfléchit au fond de l’œil, sur les vaisseaux sanguins qui entourent la rétine, avant de revenir à l’appareil photo.Le résultat, c’est ce reflet rouge quasi-satanique et pourtant familier, que l’on obtient presque systématiquement avec les appareils photo compacts. Cela arrive souvent au restaurant ou dans un salon parce que, l’éclairage ambiant étant faible, les pupilles des sujets sont très dilatées et laissent largement entrer la lumière du flash. Ce défaut s’observe rarement à la lumière du jour, d’une part parce que les pupilles sont contractées et laissent passer peu de lumière, et d’autre part parce que pendant la journée, la lumière du flash est relativement plus faible par rapport à l’éclairage ambiant.
Le problème des yeux rouges est d’autant plus marqué que vous êtes loin de votre sujet, et il est accentué quand vous prenez des portraits avec un téléobjectif. Plus vous êtes loin de votre sujet et plus vous devez éloigner votre flash de l’objectif pour éviter les yeux rouges. C’est dû à l’angle que font entre elles les deux droites sujet-flash et sujet-objectif. plus cet angle est étroit (parce que vous êtes loin du sujet, ou parce que le flash est trop près de l’objectif), plus vous risquez d’obtenir des yeux rouges. Le flash intégré à l’appareil, étant situé juste à côté de l’objectif, provoque très souvent des yeux rouges.
Curieusement, la photographie de chats et de chiens est sujette à un problème similaire mais légèrement différent. les chats et les chiens ont dans les yeux une membrane réfléchissante nommée tapetum lucidum, qui améliore leur vision nocturne. Ce tapetum réfléchit très fort la lumière et tend à la colorer en vert, jaune ou bleu. C’est ce phénomène qui explique pourquoi la nuit, les yeux d’animaux comme un chat ou un chevreuil sur le bord d’une route apparaissent comme des points lumineux très brillants lorsqu’on les éclaire. Les yeux humains ne disposent pas de cette membrane et ne sont donc pas sujets à ce phénomène nocturne.
Réduction des yeux rouges.
Il y a plusieurs solutions aux problème des yeux rouges. La première, et généralement la plus efficace, est de déplacer le flash le plus loin possible, ou de diriger le flash vers le plafond (donc travailler en lumière réfléchie). Comme il a été dit plus haut, plus le flash est près de l’axe de l’objectif et plus les yeux risquent d’apparaître rouges. Donc si vous détachez votre flash de l’appareil et le maintenez en l’air à une certaine distance, vous avez toutes les chances d’atténuer considérablement les yeux rouges. C’est une des raisons pour lesquelles les photographes de mariage ou de reportage tendent à monter leur flash sur une barrette métallique fixée sous leur appareil (une barrette de flash). Quant à l’éclairage réfléchi, il élimine les yeux rouges par sa nature même.
Un inconvénient du fait de déplacer le flash (en plus de la gêne due au déplacement lui-même) concerne la photographie en basse lumière. Par faible éclairage, les pupilles des yeux se dilatent pour laisser entrer pplus de lumière, tout comme le diaphragme d’un objectif. Si l’on prend une photo au flash dans ce cas-là, l’iris de l’œil n’a pas le temps de se rétracter pour s’adapter à l’éclair du flash et la pupille reste dilatée. On obtient donc la photo d’un personnage avec d’énormes pupilles, comme s’il était sous l’effet d’une drogue.
Un autre moyen pour réduire les yeux rouges (et le problème des pupilles dilatées) est de faire regarder au sujet une lumière forte juste avant de prendre la photo. Cette méthode donne généralement de bons résultats car la lumière provoque la contraction des pupilles, ce qui réduit la quantité de lumière réfléchie sur le fond de l’œil. Pour cette raison, de nombreux boîtiers EOS intègrent une petite lampe blanche de forte intensité, que le photographe peut allumer comme il le souhaite.
Sur certains EOS comme l’Elan/100 ou l’Elan II/50/55, cette lampe anti-yeux rouges est montée dans le flash intégré et ne peut donc pas fonctionner avec des flashs externes. Sur d’autres comme le D30, cette lampe est montée plus bas sur le boîtier et fonctionne donc aussi avec des flashs externes. Sur d’autres encore, bien qu’elle soit indépendante du flash intégré, elle ne peut quand même pas fonctionner avec des flashs externes. Cependant, ce type de lampe ne présente que peu d’intérêt avec un flash externe car celui-ci est généralement placé assez haut par rapport à l’axe optique, voire utilisé en éclairage indirect, ce qui diffuse la lumière sur une zone large. Et si le sujet se trouve éloigné d’une certaine distance, la lampe anti-yeux rouges n’aura pas beaucoup d’efficacité. C’est pour cette raison qu’aucun flash externe Speedlite ne dispose d’un dispositif lumineux anti-yeux rouges ; cette fonctionnalité n’a d’intérêt que pour les appareils compacts et les flashs intégrés.
La lampe anti-yeux rouges présente un inconvénient notable : après avoir fixé quelques secondes une lumière intense, les gens prennent un air abasourdi et pétrifié. Si vous utilisez le flash intégré, il vous faudra donc faire un choix ! Air pétrifié ou air satanique…
Vous pouvez aussi retoucher les yeux rouges à l’encre noire sur vos tirages, ou avec un logiciel de retouche si vos photos sont numérisées, mais ces solutions sont plutôt à considérer comme des bricolages en dernier recours.
Le problème de la synchronisation au premier rideau.
Comme il est expliqué dans la section sur la synchro X, les boîtiers Canon EOS (et tous les réflex en général) ont un obturateur constitué de deux « rideaux » mobiles. Le premier rideau ouvre l’obturateur et le second le ferme.
Supposons que vous preniez une photo au flash d’un objet statique, avec une longue durée d’exposition. Normalement, l’obturateur s’ouvre, le flash envoie son éclair, le temps d’obturation passe et enfin l’obturateur se ferme. Supposons maintenant que vous preniez en photo un objet en mouvement, et que cet objet soit suffisamment éclairé pour que son déplacement se traduise par des traînées lumineuses sur la photo. Si le flash est déclenché dès que l’obturateur est ouvert, il y aura comme un petit problème car les traits lumineux apparaîtront devant l’objet éclairé par le flash. L’objet semblera se déplacer en marche arrière.
Synchronisation au deuxième rideau.
Pour résoudre le problème décrit ci-dessus (synchro premier rideau) et faire que les traits lumineux apparaissent derrière l’objet en mouvement comme on s’attend à les trouver, il faut que le flash soit déclenché juste avant la fermeture de l’obturateur. C’est ce qu’on appelle la synchronisation au second rideau : le flash est déclenché environ 1,5 milliseconde avant que le second rideau commence à se fermer. Il en résulte une photo qui rend bien la sensation de vitesse, avec les traits lumineux qui suivent l’objet en mouvement. Le couple Canon T90/Speedlite 300TL fut apparemment le premier ensemble boîtier/flash à offrir cette fonctionnalité.
L’inconvénient de la synchro au second rideau est qu’il peut s’avérer difficile de prendre une photo dans le cas de très longue durée d’exposition. Avec la synchro au premier rideau, vous suivez l’objet en mouvement dans votre viseur et vous pouvez déclencher l’obturateur pile au moment souhaité. Mais avec la synchro au second rideau, primo vous ne pouvez pas voir l’objet en mouvement quand l’obturateur est ouvert puisque le miroir est relevé, et secundo il vous faut prédire précisément si l’objet sera encore dans le cadre (ou pas) à la fin du temps d’exposition. Pour ces deux raisons, les appareils EOS sont livrés avec par défaut la synchronisation au premier rideau.
Il y a aussi un inconvénient mineur à connaître si vous utilisez un flash E-TTL en synchro second rideau. C’est que le pré-éclair est émis juste avant l’ouverture de l’obturateur, donc dans le cas de longues durées d’exposition on distinguera nettement deux coups de flash (lorsque la durée d’exposition augmente, l’intervalle de temps entre pré-éclair et éclair augmente conjointement et devient donc observable).
Ce retard entre le pré-éclair et l’éclair effectif n’a généralement pas d’effet secondaire négatif, mais il y a deux cas dans lesquelscela peut causer un problème. D’une part si le sujet bouge, la mesure effectuée par le pré-éclair ne correspondra pas à l’exposition finale ; il faudra parfois verrouiller l’exposition au flash. D’autre part, le pré-éclair peut induire en erreur des sujets humains, qui s’attendent à n’observer qu’un seul éclair. Ils peuvent croire que vous avez pris votre photo et sortir du champ ou regarder ailleurs.
Voir la section sur l’activation de la synchro second rideau, si cette fonction est disponible pour votre ensemble boîtier-flash.
Théorie de la température de couleur.
N.B. : cette section est particulièrement détaillée, mais c’est une base importante pour comprendre les décalages de couleur en photographie.
L’œil humain (ou plus précisément le cerveau) a de grandes capacités d’adaptation. Si vous regardez une feuille de papier blanc dans une pièce éclairée uniquement par un plafonnier équipé d’une simple ampoule incandescente à filament de tungstène, le papier vous paraîtra blanc. Si vous emportez cette même feuille de papier à l’extérieur, à la lumière du soleil, elle vous paraîtra encore blanche. Pourtant l’ampoule incandescente et le soleil produisent des lumières très différentes : celle du tunstène est orange alors que celle du soleil est presque bleue.
C’est parce que ces deux sources lumineuses ont des températures de couleur différentes. On parle de « température » parce que cela représente la couleur de la lumière émise par un « corps noir » théorique chauffé à une température donnée, mesurée en Kelvin (l’échelle Kelvin est similaire aux degrés Celsius mais commence au zéro absolu, soit -273 °C, plutôt qu’à la température de fusion de la glace ; techniquement, le Kelvin est donc une unité et non un degré). Notez que certaines terminologies peuvent ici prêter à confusion. En langage familier, on dit qu’une lumière rouge est plus « chaude » qu’une bleue alors qu’en matière de température de couleur, la lumière devient plus bleue à mesure que la température augmente. Notez aussi que la température de couleur dont nous parlons ici, notion photographique qui fait référence à une lumière tirant plutôt sur le rouge ou plutôt sur le bleu, est extrêmement simplifiée par rapport à la notion de température de couleur utilisée par les physiciens.
Les lampes à incandescence ordinaire, à filament tungstène, ont une ture de couleur d’environ 3 200 Kelvin, quoique les ampoules domestiques soient plutôt un peu au-dessous de 2 900 K (la température diminue avec l’âge ou si elles sont sous-voltées, par exemple avec un variateur). Les ampoules tungstène à gaz halogène (dites « ampoules halogènes » bien que leur filament soit similaire à celui des ampoules ordinaires) et les torches de studio non corrigées « lumière du jour » montent un peu plus haut et peuvent atteindre 3 400 K. La lueur d’une bougie est très basse en température, de l’ordre de 1 400 à 2 000 K.
La lumière du jour a une température de couleur variant entre 5 000 K et 6 000 K ; on considère souvent la valeur 5 500 K pour un temps ensoleillé à midi. Naturellement, ces valeurs peuvent varier. De même que les ampoules ordinaires peuvent baisser en température de couleur, comme il est dit plus haut, la couleur de la lumière du jour change selon l’heure et les conditions météo. En fait, la lumière naturelle peut varier de 2 000 K au soleil couchant jusqu’à plus de 20 000 K à « l’heure bleue » qui précède la nuit. La lumière du ciel (lumière solaire diffusée par l’atmoshère) a en effet une couleur très bleue.
Normalement, le cerveau humain compense automatiquement ces différences de couleur. Une des rares occasions où l’on peut les remarquer survient lorsque l’on est confronté à deux types de lumière, par exemple au crépuscule. Si vous êtes dehors et que vous regardez les fenêtres d’un bâtiment, vous verrez que les lampes tungstène des plafonniers donnent des tonalités jaunes-orangées alors que le ciel et l’environnement extérieur apparaissent très bleus.
Température de couleur et film argentique.
La question de la température de couleur n’est pas qu’un problème purement théorique. C’est un réel souci pour la photo en couleur car les pellicules enregistrent la lumière telle qu’elle est ; elles ne sont capables ni d’interprétation, ni d’adaptation automatique. Les pellicules ont donc besoin d’être conçues dès le départ pour interpréter une certaine couleur comme du blanc.
Voilà ce que désignent les mentions « lumière du jour » et « lumière artificielle » : deux types de pellicules conçus pour traduire en lumière blanche, l’une la lumière du jour, l’autre la lumière d’une ampoule tungstène ordinaire. Si vous n’utilisez pas la bonne pellicule, vous obtiendrez des décalages de couleur disgracieux. Une photo prise avec un film lumière du jour dans une pièce éclairée par une ampoule tungstène aura une forte dominante orange, une photo prise avec un film lumière artificielle dans un endroit éclairé par la lumière du jour sera très bleue. Il est donc important d’utiliser la pellicule qui correspond aux conditions d’éclairage. Il n’est cependant pas indispensable de rechercher une précision rigoureuse dans ce domaine, quoique les pros qui recherchent un rendu colorimétrique impeccable n’hésitent pas à acheter des thermo-colorimètres coûteux pour déterminer exactement les couleurs de leurs prises de vue.
Il n’y a pas que les ampoules au tungstène qui provoquent des dominantes de couleur. D’autres sources de lumière artificielles procurent aussi des teintes étranges sur les films lumière du jour. La plupart des lampes fluorescentes, bien qu’il y ait des différences notables d’un constructeur à l’autre, donnent une teinte verdâtre si l’on ne prend pas la précaution d’intercaler devant l’objectif un filtre magenta spécial (de fait, il existe maintenant des ampoules fluo de type lumière du jour qui évitent ce problème). Les lampes à vapeur de mercure ou de sodium haute pression, utilisées dans l’éclairage industriel, donnent des dominantes imprévisibles qui dépendent de leur formulation. Notez que techniquement l’expression « température de couleur » ne devrait pas être utilisée pour qualifier la lumière d’une lampe fluorescente. Cependant, les constructeurs annoncent souvent une valeur approximative de température de couleur, par commodité. Enfin, rappelons que la lumière du jour elle-même varie en cours de journée ou en fonction des conditions météo. Une soirée enneigée sera très bleutée, un coucher de soleil dans une atmosphère empoussiérée sera d’un orange intense.
En matière de température de couleur, la photographie numérique présente un énorme avantage sur l’argentique. La plupart des bons appareils numériques vous permettent de régler la balance des blancs de votre sujet (la teinte correspondant au blanc) comme vous le souhaitez. Les EOS numériques série D vous permettent de choisir entre une blance des blancs automatique ou des valeurs pré-paramétrées pour les situations courantes. Ce type de réglage est impossible en photo argentique puisque la balance des blancs (correspondant à la température de couleur) est prédéfinie une fois pour toutes dans l’émulsion argentique lors de la fabrication et ne peut plus être modifiée ensuite. Tout ce que vous pouvez faire dans ce cas, c’est soit placer un filtre devant l’objectif pour atténuer certaines longueurs d’onde lumineuses, soit jouer sur les filtres colorés lors du tirage en chambre noire (ou encore scanner vos photos pour les retoucher sur ordinateur).
Température de couleur et photographie au flash.
Du fait que la plupart des photos sont prises avec le soleil comme source lumineuse, la plupart des émulsions sont conçues pour la lumière du jour. En fait, jusque récemment, seules les pellicules pour diapositives étaient largement disponibles en mode lumière artificelle (sous deux types : A, peu courant, et B plus largement diffusé, correspondant à des températures de couleur légèrement différentes, respectivement 3 400 K et 3 200 K). Pour cette raison, les lampes à décharge des flashs ont été conçues pour produire une lumière de température semblable à celle du soleil en milieu de journée. Par voie de conséquence, puisque la lumière solaire apparaît très bleue par rapport à un éclairage intérieur au tungstène, il en est de même pour la lumière d’un flash.
Cette différence des températures de couleur se remarque particulièrement en synchronisation lente. Si l’on prend une photo au flash avec une vitesse d’obturation lente et une pellicule lumière du jour, on obtiendra un sujet éclairé normalement et environné d’une étrange aura orangée. Cela vient du fait que le sujet est surtout éclairé par le flash, équilibré pour la lumière du jour, et que tous les flous de mouvement dus à la vitesse lente apparaissent éclairés modérément par l’éclairage tungstène.
On peut aussi exploiter ces différences de rendu colorimétrique pour obtenir certains effets. Par exemple, photographier au flash avec un film lumière artificielle donnera une forte dominante bleue. On peut aussi photographier quelqu’un en extérieur avec un film lumière artificielle et un filtre compensateur orange sur la tête de flash. Cela résultera en un personnage correctement éclairé, avec un arrière-plan bleuté, très froid.
Il y a un autre point pour lequel la théorie des températures de couleur concerne la photographie : l’influence de la tension d’alimentation sur les fluctuations de la température de couleur de la lampe à éclats du flash. Normalement, ces petites variations ne peuvent pas être contrôlées mais les modèles les plus récents de boîtiers numériques EOS et de flashs peuvent se communiquer ces valeurs de tension, afin de compenser automatiquement les subtiles différences de teinte qui en résultent.
Filtres colorés.
Il existe des filtres spécifiques pour effectuer ces ajustements de température de couleur au moment de la prise de vue ; le type de filtre dépend de l’effet recherché. On peut par exemple chercher à corriger la lumière du flash pour qu’elle soit similaire à l’éclairage ambiant. Ou au contraire, on peut délibérément vouloir différencier fortement les couleurs des sources d’éclairage pour obtenir des effets créatifs.
On peut placer des filtres à plusieurs emplacements. Par exemple, pour modifier l’aspect d’une scène dans son ensemble, on placera un filtre sur l’objectif. Pour modifier le spectre d’une lampe, on se procurera un filtre gélatine que l’on placera devant cette lampe. On peut aussi fixer un filtre ou un diffuseur coloré sur la tête de flash, pour corriger uniquement l’éclairage du flash.
Il existe un moyen très économique pour ajuster le spectre lumineurs d’un flash : allez dans un magasin pour éclairage de spectacles et demandez un catalogue des gélatines Lee ou Rosco. Ceux-ci rassemblent plusieurs échantillons de filtres gélatines, qui ont juste la taille suffisante pour couvrir la fenêtre d’un flash de taille moyenne. Chaque catalogue liste les propriétés exactes de chaque gélatine et vous pourrez souvent en obtenir un gratuitement.
L’ajustement de la température de couleur par filtrage se fait bien entendu selon deux options différentes. Pour transformer une lumière jaune-orange (tungstène) en lumière du jour (bleutée), il faudra un filtre « froid ». Pour l’effet inverse, il faudra un filtre « chaud ». Comme je l’ai déjà mentionné, ces dénominations sont ambiguës puisque « refroidir » une lumière revient à augmenter sa température de couleur et vice-versa ; ces termes se référent aux qualifications usuelles, sans relation avec la théorie des températures de couleur. Naturellement, les filtres « froids » sont bleus et les filtres « chauds » sont orange ou ambre (les filtres jaune-orange pâle sont également qualifiés de « paille »).
Limitations des filtres.
Une chose importante à se rappeler au sujet des filtres est qu’ils ne décalent pas les couleurs le long du spectre, comme on pourrait se l’imaginer. Tout ce que fait un filtre, c’est — comme son nom l’indique —atténuer certaines des longueurs d’ondes qui le traversent. Donc par définition, tous les filtres correcteurs de couleur diminuent la quantité globale de lumière qui entre dans l’objectif.
Les filtres peuvent changer la couleur de la lumière blanche puisque celle-ci est constituée de toutes les couleurs du spectre, comme l’avait découvert Newton avec ses célèbres expériences sur le prisme. Mais si vous photographiez une scène éclairée par une lumière rouge pure (par exemple), vous aurez beau mettre n’importe quel filtre sur votre objectif, vous n’obtiendrez pas une couleur différente. Les filtres ne peuvent pas modifier la longueur d’onde de la lumière qui les traverse et encore moins créer de la lumière d’une autre longueur d’onde.
C’est pour cette raison que les scènes de rues éclairées par des lampadaires jaune-orange au sodium ou à la vapeur de mercure posent un énorme problème au photographe. Ces lampes produisent une lumière dont la bande spectrale est très étroite. On ne peut pas la modifier qualitativement par un simple filtrage, car si on atténue la couleur jaune il ne reste guère autre chose.
Ces problèmes inhérents aux filtres limitent considérablement vos possibilités de correction de couleurs si vous travaillez en argentique. Il reste certes possible de retravailler les couleurs en chambre noire mais c’est laborieux et coûteux. Encore une fois, transférer vos images dans le domaine numérique présente de sérieux avantages. Une fois vos photos entrées dans un ordinateur, vous pouvez en remanier les couleurs autant que vous le souhaitez.
Mireds.
La température de couleur d’une lumière est habituellement mesurée en Kelvin. Mais il existe une autre unité que l’on rencontre souvent en photographie, le mired (micro reciprocal degrees) qui se prononce « maille raide ». Pour obtenir une valeur en mired, on divise un million par la température de couleur. Par exemple, 5 500 K correspondent à 182 mired puisque 1 000 000 / 5 500 = 182.
Les mireds sont généralement utilisés lorsqu’on utilise un filtre pour convertir une lumière d’une température de couleur dans une autre. Par exemple, supposons que l’on veuille prendre une photo au flash électronique mais que le boîtier soit chargé d’une pellicule couleur lumière artificielle. Il va falloir placer une gélatine colorée devant la tête de flash. Mais de quel type ?
Supposons que la lumière du flash soit à 5 500 K et que la pellicule nécessite un éclairage à 3 200 K. Cela correspond respectivement à 182 et 312 mireds, donc la différence entre ces valeurs fournit la correction que nous souhaitons appliquer, soit environ +130 mireds (un nombre positif correspond à un filtre « chaud », un nombre négatif à un filtre « froid »).
Consultons maintenant un catalogue de filtre ou d’échantillons de gélatines (voir plus haut comment s’en procurer), et cherchons quel filtre est le plus proche des +130 mireds recherchés. Chez Rosco, nous choisirons le modèle « Roscosun CTO », qui fournit un décalage de +167 mireds. Chez Lee, ce serait le « Full C.T. Orange » donné pour +159. Aucun des deux ne correspond précisément au résultat de notre calcul mais cette précision suffit pour un film négatif, l’ajustement final se faisant au labo. Et dans le cas de diapos ce petit écart permet de surcompenser vers les tons chauds, à moins de rechercher délibérément un rendu froid bleuté. Tout ceci bien sûr à condition que votre flash ait une température de couleur de 5 500 K (elle est probablement un peu plus élevée).
Évidemment, de nombreux fabriquants de filtres se contentent de spécifier un type géréique de conversion, donc vous n’avez pas à vous casser la tête avec des calculs en mireds si vous recherchez simplement, mettons, un filtre « tungstène vers lumière du jour ». Mais l’utilisation des mireds est très pratique si vous recherchez des conversions de couleurs plus complexes, mettant en œuvre plusieurs filtres.
Gradation Wratten.
De nombreux fabricants de filtres décrive leurs produits en suivant le système Wratten. Frederick Wratten était un inventeur britannique qui a développé ce système de gradation (relativement arbitraire) il y a un siècle environ. Son entreprise a été rachetée par Kodak en 1912 et actuellement les filtres de conception Wratten sont vendus par Tiffen.
| Grade Wratten | Modif. ture de couleur | Source lumineuse à convertir | Équiv. mired (approx.) |
| 80A | 3200K → 5500K | Ampoule Tungstène | -131 |
| 80B | 3400K → 5500K | Torche studio classique (non bleue) | -112 |
| 80C | 3800K → 5500K | Ampoules de flashs magnésiques | -81 |
| 80D | 4100K → 5500K | -56 |
| Grade Wratten | Modif. ture de couleur | Usage typique | Équiv. mired (approx.) |
| 85 | 5500K → 3400K | Film lumière artificielle de type A | +112 |
| 85B | 5500K → 3200K | Film lumière artificielle de type B | +131 |
| 85C | 5500K → 3800K |
Ces filtres sont relativement assombrissants et font perdre 1 stop (série 80) à 2/3 stop (série 85).
Il y a également des filtres plus progressifs et frquemment utilisés, comme les séries 81 (filtres chauds) et 82 (filtres froids). Ils ne sont pas utilisés pour convertir une température de couleur en une autre mais pour des applications moins extrêmes, comme diminuer une dominante indésirable. Par exemple, un 81B s’avère très utile pour réduire la dominante bleue d’une photo prise à l’ombre.
Les fabricants allemands utilisent leur propre système, dans lequel KB désigne un filtre froid (bleuté) et KR un filtre chaud (orangé).
Tension de déclenchement.
Les anciens modèles de flashs — tant les flashs portatifs alimentés sur piles que les flashs de studio sur secteur — envoyaient des tensions relativement élevées sur le connecteur qui les reliait à l’appareil photo. Ces tensions de déclenchement pouvaient aller de 25 à 250 volts, sans dommage puisque le déclenchement était piloté par de simples contacts électriques.
Dans les boîtiers modernes, par contre, les circuits électroniques ont remplacé les contacts électro-mécaniques. On y a gagné en souplesse et en capacité de contrôle informatique, mais ces circuits ne supportent généralement pas les tensions élevées (tout ce qui dépasse 6 V dans le cas des boîtiers EOS, selon Canon) etils risquent d’être endommagés si on leur connecte une tension trop élevée.
Notez que cette limite de 6 V concerne parfois également la prise PC et parfois non, cela dépend du produit considéré. Canon indique que les APN 1D, 20D, 20Da et 5D peuvent supporter des tensions de déclenchement jusqu’à 250 V sur leur connecteur PC. La limite des 6 V ne s’applique alors qu’au contact du sabot. Malheureusement, Canon ne précise pas la tension max du connecteur PC pour tous ses boîtiers qui en sont équipés, donc si cette information n’est pas disponible dans le manuel de votre appareil, il vous faut soit poser vous-même la question à Canon, soit éliminer ce risque en utilisant un adaptateur limiteur de tension. La plupart des EOS numériques depuis 2005 peuvent supporter jusqu’à 250 V sur la prise PC.
Quoi qu’il en soit, si vous avez l’intention de connecter un vieux flash sur le sabot de votre EOS, vérifiez impérativement que sa tension de déclenchement ne dépasse pas 6 V si vous n’êtes pas sûr que votre boîtier supporte une tension plus élevée. Vous pouvez mesurer cette tension avec un voltmètre. Vous pouvez également intercaler un adaptateur pour protéger votre boîtier des tensions excessives, comme par exemple le Wein Safe-Sync HS. Vous pouvez même vous en construire un si vous avez les connaissances techniques nécessaires et un tempérament aventureux. Les déclencheurs optiques sont encore plus sûrs, dans la mesure où il n’y a aucune connexion électrique entre le boîtier et le flash. La plupart des flashs de studio intègrent de tels déclencheurs optiques, qui répondent immédiatement à une impulsion lumineuse. J’ai moi-même utilisé un vieux 430EZ (peu intéressant en lui-même puisque non E-TTL) en mode manuel sur mon 10D pour déclencher des flashs de studio et obtenir de super effets. Il faut juste le régler manuellement sur la puissance minimale et diriger la tête loin du sujet pour minimiser l’effet du coup de flash direct.
Remarquez que les dommages causés au boîtier par une tension trop forte peuvent être discrets et cumulatifs : même si le flash semble fonctionner une fois connecté, rien ne garantit qu’il ne soit pas en train de détériorer sournoisement les circuits électroniques, dégrader les connecteurs ou rendre HS les composants internes (d’un autre côté, il est probable que Canon conserve une marge prudente en annonçant une limite à 6 V, donc si vous ne dépassez que légèrement cette tension vous ne devriez pas prendre un risque énorme). Notez aussi que la tension d’alimentation du flash n’a aucune influence ici : elle n’a aucun rapport avec la tension de déclenchement. De nombreux flash Canon Speedlite, par exemple, peuvent utiliser des packs batteries à tension élevée mais n’ont que de faibles tensions de déclenchement. Et inversement, de petits flashs alimentés sur 6 V peuvent avoir des tensions de déclenchement très élevées.
Il existe un problème supplémentaire, du fait que certains vieux flashs ont une tension de déclenchement inversée. Les boîtiers EOS sont conçus avec le pôle négatif à la masse et le pôle positif sur le connecteur central du sabot, quoique certains modèles professionnels ont un détecteur de polarité qui leur permet de fonctionner avec les deux types de flashs.
Enfin, certains flashs ont une embase de sabot entièrement métallique. Le risque est alors que cette base conductrice court-circuite certains des 4 petits contacts spécifiques aux EOS. Si vous êtes dans ce cas, vous pouvez protéger ces contacts avec du ruban adhésif isolant, ou utiliser un cordon PC pour ne pas avoir à fixer le flash sur le sabot. Le même type d’inconvénient peut survenir si le contact central du flash a un trop grand diamètre. En effet, celui des boîtiers EOS a un petit diamètre et 4 contacts plus petits sont disposés juste derrière. Si le contact central de votre flash est suffisamment large pour toucher l’un de ces petits contacts, il risque d’endommager votre boîtier.
L’ancienne FAQ EOS Canon contient également une mine d’informations sur la question des tensions de déclenchement, et Kevin Bjorke renseigne un tableau très complet des tensions de déclenchement pour une grande diversité de flashs.
Flashs esclaves.
Les flashs esclaves sont tout simplement des flashs autonomes qui se déclenchent en réponse à un système de commande de quelque type que ce soit. Ils sont fréquemment utilisés en situation de studio. Par exemple, on peut installer un schéma d’éclairage à plusieurs flashs : un flash sur le sujet, un ou deux autres pour éclairer séparément le décor.
De nombreux flashs esclaves sont déclenchés par un signal lumineux : on parle de synchronisation optique. Ces flashs disposent de petites cellules intégrées ou externes, qui détectent l’impulsion lumineuse émise par un autre flash et provoquent immédiatement le déclenchement. Du fait que ces cellules répondent quasi-instantanément, le décalage entre l’éclair de commande et les éclairs esclaves est négligeable et n’influence pas le rendu final de la photo. Le Wein Peanut, un petit accessoire bon marché, est une cellule optique très populaire compatible avec la plupart des flashs du marché (ironie du sort, elle n’est pas entièrement compatible avec de nombreux Canon Speedlite ; voir un peu plus bas pour plus de détails).
Puisque ces cellules réagissent aux éclairs de flashs, on utilise un flash maître en tant qu’élément de synchronisation principal : c’est classiquement le flash intégré au boîtier ou bien un flash externe, qu’il soit placé sur le sabot ou relié par cordon PC. Ce flash maître peut être réglé sur une faible puissance de façon à affecter le moins possible la scène, si vous le souhaitez : les détecteurs optiques sont généralement assez sensibles pour s’en accomoder. Les flashs esclaves sont également sensibles au rayonnement infrarouge, d’où l’astuce répandue qui consiste à scotcher un morceau de filtre gélatine infrarouge sur l’avant du flash intégré. Cela permet de déclencher les autres flashs par une impulsion optique invisible aux humains et à la plupart des pellicules ou des capteurs numériques.
La mesure E-TTL Canon pose un problème dans le cas de la synchronisation optique, car les cellules optiques ordinaires ont tendance à être déclenchées par le pré-éclair de mesure qui est émis avant l’éclair lui-même. Et comme un flash esclave a besoin de temps pour se recharger, il n’a généralement plus assez d’énergie pour envoyer un éclair correct en réponse au « vrai » éclair. La solution habituelle est d’utiliser un flash simplement TTL au lieu d’un E-TTL, mais on peut alors se heurter à deux problèmes. Pour en savoir plus, voir la section sur la désactivation de l’E-TTL. Une autre option est d’utiliser la fonction FEL : on déclenche les flashs avec le pré-éclair, puis on attend qu’ils se rechargent avant de prendre la photo. On peut aussi commencer par déclencher les flashs par la FEL, puis on refait une mesure FEL immédiatement après pour régler l’exposition correcte du flash maître avant que les autres flashs soient rechargés et enfin on prend la photo une fois qu’ils sont rechargés. Cela peut cependant s’avérer peu pratique…
Les flashs à déclenchement optique présentent un autre inconvénient lorsqu’ils sont utilisés en dehors de l’environnement bien contrôlé du studio. C’est par exemple une véritable nuisance en photographie de mariage quand l’oncle Charles prend une photo avec son compact, qui déclenche vos flashs esclaves. De telles situations nécessitent l’utilisation de systèmes de déclenchement radio, ou du système de déclenchement Canon wireless E-TTL, si vos flashs sur batteries disposent d’assez d’énergie. Les cellules optiques de nouvelle génération, comme les produits Wein Digital Smart Slave, constituent une alternative intéressante car elles sont capables de faire la différence entre le pré-flash et l’éclair final et de ne répondre qu’à ce dernier.
Il y a un problème important lorsqu’on photographie avec plusieurs flashs esclaves (problème qu’une mesure automatique d’exposition comme le wireless E-TTL de Canon ne suffit pas à résoudre) : il est difficile de prévoir ou visualiser le résultat final sans procéder à une série d’essais. Il faut généralement paramétrer manuellement chacun des flashs. En pratique, vous ne vous en sortirez qu’avec un appareil numérique ou en équipant votre réflex argentique d’un dos Polaroid, à moins que vous n’ayez mis au point un schéma d’éclairage qui vous convienne à tous les coups ou encore que vous n’ayez qu’une configuration simple à un ou deux flashs et d’effectuer vos réglages au flashmètre. Le numérique dispose ici d’un énorme avantage puisqu’on peut prendre des dizaines de photos d’essai sans que ça ne coûte rien et déterminer précisément l’effet de chaque flash, la disposition des ombres, etc.
Quoi qu’il en soit, l’utilisation de flashs bon marché à synchronisation optique est un moyen abordable pour constituer votre propre studio. Procurez-vous quelques vieux Vivitar 283 à pile ou batterie ou des flashs studio d’occasion, connectez-y des cellules de déclenchement bas de gamme et c’est parti !
Canon ne fabrique aucun flash dédié à un fonctionnement en studio. Mais il suffit d’acheter un adaptateur (filaire ou optique) pour convertir n’importe quel flash en esclave (pour le 480EG, il existe en option le Synchro Cord 480). Attention, il est préférable de procéder d’abord à quelques tests car il arrive que des adaptateurs pour sabot de flash ne soient pas compatibles avec certaines combinaisons boîtier-flash. Ainsi, plusieurs personnes ont signalé que certaines petites cellules ne pouvaient déclencher un flash Canon Speedlite qu’une seule fois, à moins d’éteindre et rallumer le flash à chaque fois. Le [Lite-Link-http://www.ikelite.com/web_pages/lite_link.html>] d’Ikelite, conçu pour fonctionner avec les flashs Canon, ne semble pas présenter ce problème. Il dispose aussi d’une fonctionnalité pseudo-TTL : au lieu de simplement déclencher l’allumage du flash esclave, il peut aussi commander son extinction en même temps que l’éclair du flash maître s’arrête.
Précisons pour finir que Canon préconise dans ses documentations de fixer la vitesse de synchro à quelque chose comme 1/60 ou 1/125 si l’on utilise des flashs de studio. Il y a deux raisons à ce choix d’une vitesse relativement lente même si le boîtier permet d’atteindre une vitesse de synchro plus élevée avec des flashs portatifs Speedlite. D’une part, beaucoup d’anciens flashs de studio mettent un peu de temps à atteindre leur pleine luminosité, ou subissent un léger décalage de couleur en fonction de leur durée d’éclairement. D’autre part, le retard au déclenchement (le temps qui s’écoule entre le signal de déclenchement envoyé par le boîtier et le démarrage effectif de l’éclair) est souvent plus long que celui, bref et précis, des flashs TTL.
Pour ces raisons, le mieux si vous avez un nouveau flash esclave est probablement d’effectuer une série d’essais à différentes vitesses pour déterminer laquelle est la mieux adaptée à votre configuration. Et notamment avec des déclencheurs optiques ou radio et des flashs anciens.
Notez que Canon vend un bon nombre de flahs qui peuvent directement être utilisés en esclaves via le mode wireless E-TTL (pour plus de détails, voir la section sur le wireless E-TTL).
Flashmètres.
Les luxmètres habituels sont incapables de mesurer l’éclair d’une fraction de seconde émis par un flash. Il faut pour cela un appareil spécifique appelé flashmètre (certains équipements peuvent mesurer à la fois la lumière ambiante et l’éclair d’un flash).
Ces appareils sont très utiles en studio, lorsque vous utilisez des flashs dépourvus de tout automatisme TTL ou E-TTL. Imaginez par exemple que vous ayez un gros flash de studio dont la lumière est réfléchie vers le sujet par un réflecteur parapluie. Un flashmètre manuel vous permettrait de déterminer précisément la puissanceà programmer sur le flash pour obtenir une exposition correcte du sujet.
Ce document traite principalement des flash automatiques de type TTL ou dérivé, aussi vous aurez rarement besoin d’utiliser un flashmètre. Si cependant vous désirez en savoir plus sur ce sujet, les livres et les ressources en ligne ne manquent pas.
Synchro flash X et M.
Je n’ai pas pu établir à coup sûr pourquoi la connexion de synchronisation avec un flash électronique était désignée par la lettre X, la théorie la plus populaire étant que c’est l’initiale du xénon (le gaz utilisé dans nos lampes à éclairs). Sur les anciens appareils photo, on trouvait aussi une connexion synchro M, destinée aux flashs à ampoules magnésiques (ces ampoules de flash contenaient un filament ou un morceau de laine métallique qui s’enflammait brièvement en y faisant passer un courant électrique).
Contrairement aux flashs électroniques, qui atteignent presque instantanément leur maximum d’intensité, les anciens flashs à ampoules ont besoin d’un peu de temps pour atteindre leur luminosité maximale. En synchronisation M, l’ouverture de l’obturateur était retardée d’environ 20 ms après le déclenchement de l’ampoule pour laisser à l’éclair le temps de s’intensifier. Aucun appareil EOS ne dispose d’une synchro M, les utilisateurs d’ampoules magnésiques se faisant rares de nos jours. Apparemment, le M désigne la vitesse « moyenne » des ampoules (NdT : M désignait plutôt le magnésium contenu dans les ampoules).
PNC Photo
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